Franco-Tunisien acquitté cinq fois reste en prison en Tunisie
Franco-Tunisien acquitté cinq fois reste en prison

Le Franco-Tunisien Onsi Abichou, âgé de 34 ans, est toujours détenu en Tunisie malgré cinq acquittements prononcés par les juridictions du pays. Arrêté en juillet 2023, il a été jugé pour des accusations liées à des publications sur les réseaux sociaux, dans un contexte de répression accrue de la liberté d'expression. Sa famille, qui dénonce un « calvaire judiciaire », affirme qu'il est victime d'une instrumentalisation politique.

Un parcours judiciaire marqué par des acquittements répétés

Depuis son arrestation, Onsi Abichou a comparu devant plusieurs tribunaux, qui ont tous conclu à son innocence. Le 21 août 2026, la cour d'appel de Tunis a rendu un cinquième verdict d'acquittement, confirmant les décisions précédentes. Malgré ces jugements, il n'a pas été libéré, car une autre procédure est toujours en cours contre lui, selon les informations fournies par son avocat, Me Samir Dilou.

Les charges initiales portaient sur des publications jugées critiques envers les autorités, mais les tribunaux n'ont pas retenu les éléments présentés par l'accusation. Chaque acquittement a été salué par les défenseurs des droits de l'homme comme une victoire de l'état de droit, mais la détention se poursuit, créant une situation juridique paradoxale.

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Une détention prolongée malgré les décisions de justice

La famille d'Onsi Abichou, qui réside en France, dénonce une « instrumentalisation politique » de la justice tunisienne. Selon ses proches, il est utilisé comme un « otage » dans un contexte de tensions entre Paris et Tunis. Ils rappellent qu'il a déjà passé plus de trois ans en détention, sans condamnation définitive.

Me Samir Dilou, son avocat, a déclaré : « C'est une situation kafkaïenne. Mon client est acquitté, mais il reste en prison. Chaque procédure est un nouveau prétexte pour prolonger sa détention. » Il a également souligné que les autorités tunisiennes n'ont pas fourni de motif valable pour justifier le maintien en détention, malgré les demandes répétées de la défense.

Un contexte de répression de la liberté d'expression

Ce cas s'inscrit dans un contexte plus large de recul des libertés en Tunisie, où plusieurs critiques du pouvoir sont poursuivis. Des organisations comme Amnesty International ont dénoncé l'utilisation de la justice pour faire taire les voix dissidentes. En 2025, le pays a été classé 151e sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a exprimé sa « préoccupation » face à la situation d'Onsi Abichou et appelle à un « règlement rapide » de son cas. Le Quai d'Orsay a rappelé que la France est attachée à la protection de ses ressortissants et au respect des procédures judiciaires équitables.

Un appel à la libération immédiate

La famille et les avocats d'Onsi Abichou demandent sa libération immédiate et sans condition. Ils envisagent de saisir les instances internationales, notamment le Comité des droits de l'homme de l'ONU, si aucune solution n'est trouvée dans les prochaines semaines. Une campagne de soutien a également été lancée en ligne, recueillant plus de 50 000 signatures en faveur de sa libération.

En attendant, Onsi Abichou demeure incarcéré à la prison de Mornaguia, près de Tunis. Son état de santé, fragilisé par une grève de la faim entamée en août 2026, suscite l'inquiétude de ses proches. La prochaine audience est fixée au 15 septembre 2026, mais la défense redoute un nouvel ajournement, prolongeant encore le calvaire de ce détenu acquitté.

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