Le musée national de Tchernobyl, situé à Kyiv, a été entièrement détruit par les forces russes, selon un communiqué du ministère ukrainien de la Culture. L'attaque, survenue dans la nuit du 4 au 5 juillet, a réduit en cendres ce lieu emblématique dédié à la mémoire de la catastrophe nucléaire de 1986. Les autorités ukrainiennes dénoncent un crime mémoriel, visant à effacer l'histoire et la souffrance du peuple ukrainien.
Un site historique réduit en cendres
Le musée, qui abritait plus de 7 000 objets et documents liés à la catastrophe, a été la cible de tirs d'artillerie lourde. Selon des témoins sur place, l'incendie qui a suivi a détruit l'intégralité des collections, y compris des photographies, des équipements de décontamination et des témoignages de liquidateurs. « C'est une perte irremplaçable pour l'humanité », a déclaré Olena Zelenska, la première dame d'Ukraine, dans une déclaration relayée par les médias.
Une destruction systématique du patrimoine ukrainien
Ce n'est pas la première fois que les forces russes ciblent des sites culturels en Ukraine. Depuis le début de l'invasion en février 2022, plus de 500 sites patrimoniaux ont été endommagés ou détruits, selon l'UNESCO. Le musée de Tchernobyl, ouvert en 1992, était un symbole de la résilience ukrainienne et un centre éducatif important sur les risques nucléaires. Sa destruction « vise à effacer la mémoire collective et à nier les souffrances causées par l'explosion de 1986 », a dénoncé le ministre de la Culture, Oleksandr Tkachenko.
Réactions internationales
La communauté internationale a condamné cet acte. L'UNESCO a exprimé sa profonde préoccupation, rappelant que la destruction délibérée de biens culturels peut constituer un crime de guerre. L'organisation a promis d'aider à la reconstruction du musée, mais « rien ne pourra remplacer les pièces originales perdues », a souligné Audrey Azoulay, directrice générale de l'UNESCO. De nombreux musées et institutions culturelles à travers le monde ont exprimé leur solidarité avec l'Ukraine.
Un crime mémoriel aux conséquences durables
Les historiens et conservateurs ukrainiens estiment que la perte de ces archives est un coup dur pour la recherche sur la catastrophe de Tchernobyl. « Ces documents étaient essentiels pour comprendre l'impact environnemental et sanitaire de l'accident », a expliqué Ivan Sokolov, historien à l'Université de Kyiv. « Leur destruction est une tentative de réécrire l'histoire. » Le gouvernement ukrainien a annoncé qu'il allait lancer une procédure judiciaire pour crime de guerre et qu'il travaillait à la création d'un musée virtuel pour reconstituer les collections perdues.



