La CGT se mobilise contre l'extrême droite pour 2027
À deux ans de l'élection présidentielle de 2027, la Confédération générale du travail (CGT) a annoncé ce mercredi 4 juin 2026 sa détermination à lutter contre l'extrême droite, qu'elle qualifie de "pire ennemie du monde du travail". Lors d'une conférence de presse tenue à Montreuil, le secrétaire général du syndicat, Sophie Binet, a dévoilé les grandes lignes d'une stratégie de mobilisation qui s'annonce comme l'un des enjeux majeurs des prochains mois.
Une menace pour les droits des travailleurs
Sophie Binet a déclaré : "L'extrême droite représente une menace existentielle pour les droits sociaux, les libertés syndicales et la solidarité entre les travailleurs. Nous ne laisserons pas ce projet destructeur s'imposer sans résistance." La CGT prévoit d'organiser des actions de terrain, des campagnes de sensibilisation et des rassemblements dans toute la France pour contrer ce qu'elle considère comme une montée du fascisme. Le syndicat entend également renforcer ses alliances avec d'autres organisations syndicales, associations et partis de gauche pour former un front commun.
Un contexte politique tendu
Cette annonce intervient dans un contexte où les sondages placent le Rassemblement national (RN) en tête des intentions de vote pour la présidentielle. La CGT, qui revendique près de 650 000 adhérents, veut peser dans le débat public et mobiliser les salariés contre les idées d'extrême droite. "Nous allons multiplier les initiatives pour informer les travailleurs sur les conséquences concrètes d'une telle politique : remise en cause des acquis sociaux, attaques contre le droit de grève, privatisations, et xénophobie", a ajouté la secrétaire générale.
Des actions concrètes à venir
Parmi les actions prévues, la CGT envisage une grande campagne d'affichage et de distribution de tracts dans les entreprises, des conférences-débats dans les sections syndicales, et des manifestations régionales dès l'automne 2026. Le syndicat prévoit également de former des "collectifs de lutte" locaux pour coordonner les efforts. "Notre objectif est de créer un véritable mouvement de masse, capable de faire reculer les idées d'extrême droite et de proposer une alternative sociale et solidaire", a insisté Sophie Binet.
Des critiques de la part du patronat et de la droite
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Le Medef a dénoncé une "instrumentalisation politique" du syndicat, tandis que des élus de droite ont accusé la CGT de vouloir "diaboliser" le RN. De son côté, le Rassemblement national a qualifié cette annonce de "manœuvre désespérée d'un syndicat en perte de vitesse". Malgré ces critiques, la CGT assure qu'elle restera dans son rôle de défense des travailleurs, sans lien direct avec un parti politique.
Une histoire de lutte contre l'extrême droite
Ce n'est pas la première fois que la CGT se positionne contre l'extrême droite. Depuis les années 1930, le syndicat a régulièrement combattu les mouvements fascistes, notamment pendant l'Occupation et plus récemment lors des élections de 2002 et 2017. "Notre histoire nous oblige. Nous sommes le fruit des luttes contre le nazisme et le fascisme. Aujourd'hui, face à la montée de l'extrême droite, nous devons être à la hauteur de cet héritage", a conclu Sophie Binet.
La CGT prévoit de présenter un plan d'action détaillé lors de son prochain comité confédéral national, prévu en septembre 2026. D'ici là, le syndicat appelle les travailleurs à se préparer à une mobilisation de grande ampleur.



