Boycott de Nadav Lapid : Sophia Aram dénonce une censure politique
Boycott de Nadav Lapid : Sophia Aram dénonce une censure

Dans sa chronique sur France Inter, l'humoriste Sophia Aram a vivement critiqué le boycott du cinéaste israélien Nadav Lapid, initié par plusieurs collectifs militants. Elle y voit une forme de censure politique qui, selon elle, fragilise le débat public et la liberté d'expression en France. Cette prise de position intervient alors que Lapid devait présenter son film Le Candidat lors d'une projection à Paris, finalement annulée sous la pression de groupes propalestiniens.

Une annulation sous pression

Le 12 mars 2024, la projection du film Le Candidat de Nadav Lapid, prévue à la Cinémathèque de la Ville de Paris, a été annulée après des appels au boycott lancés par des associations de soutien à la Palestine. Ces collectifs dénoncent la position politique du réalisateur, qu'ils jugent proche de la droite israélienne, et estiment que sa présence à Paris légitimerait la politique de l'État hébreu dans les territoires palestiniens. Selon Sophia Aram, cette action « empêche le débat d'idées » et « réduit le cinéma à un simple outil de propagande ».

Dans sa chronique, elle rappelle que Nadav Lapid est un cinéaste reconnu, dont l'œuvre a été primée à Cannes et qui a souvent critiqué la politique de son propre gouvernement. « Boycotter un artiste parce qu'il est israélien, c'est nier la complexité de son regard et de son travail », a-t-elle déclaré. Elle ajoute que cette décision « prive le public français d'une œuvre qui pourrait nourrir une réflexion nuancée sur le conflit israélo-palestinien ».

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Une dérive inquiétante pour la liberté d'expression

Sophia Aram s'inscrit dans une lignée de voix qui s'élèvent contre ce qu'elles considèrent comme une « censure militante » croissante dans le milieu culturel français. Elle cite notamment le cas de l'écrivain Michel Houellebecq, dont les conférences ont été annulées à plusieurs reprises sous la pression de groupes d'extrême gauche. « On ne peut pas, d'un côté, défendre la liberté d'expression et, de l'autre, empêcher un artiste de s'exprimer parce qu'on n'est pas d'accord avec sa nationalité ou ses opinions politiques », souligne-t-elle.

Selon un sondage Ifop réalisé en mars 2024, 62 % des Français estiment que les boycotts d'artistes étrangers sont une menace pour la liberté d'expression en France. Ce chiffre illustre une préoccupation croissante dans l'opinion publique, alors que les appels au boycott se multiplient dans le secteur culturel, notamment vis-à-vis d'artistes israéliens, américains ou chinois.

Les conséquences pour le dialogue culturel

L'annulation de la projection de Nadav Lapid a des répercussions concrètes sur les échanges culturels entre la France et Israël. La Cinémathèque de la Ville de Paris, qui devait accueillir l'événement, a indiqué dans un communiqué qu'elle « regrette cette décision » et qu'elle « reste attachée à la diversité des points de vue ». De son côté, le ministère de la Culture a rappelé son opposition à toute forme de censure, tout en précisant qu'il ne peut intervenir dans les choix des programmateurs.

Sophia Aram conclut sa chronique en appelant à « ne pas céder à la tentation du boycott systématique » et à « privilégier le dialogue et la confrontation d'idées ». Elle estime que le boycott de Nadav Lapid est « un symptôme d'une société qui se referme sur elle-même » et qui « perd de vue les valeurs de liberté et de tolérance qui fondent la République ». Pour elle, l'enjeu est clair : « Si on commence à boycotter les artistes en fonction de leur nationalité, on ouvre la porte à une censure généralisée qui menace la création et la diversité culturelle. »

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