BHL depuis Haïfa : le sentiment d'abandon des Israéliens
BHL : le sentiment d'abandon des Israéliens

Depuis Haïfa, le philosophe et écrivain Bernard-Henri Lévy dresse un constat alarmant : les Israéliens se sentent profondément abandonnés par la communauté internationale. Dans un témoignage poignant, il décrit une nation en proie à un isolement croissant, alors que la guerre à Gaza s'intensifie et que les critiques contre Israël se multiplient.

Un sentiment d'abandon généralisé

« C'est un sentiment d'abandon profond, presque existentiel, que je ressens en discutant avec les gens ici, de Tel-Aviv à Haïfa », confie Bernard-Henri Lévy. Selon lui, les Israéliens estiment que le monde les a laissés seuls face à la menace du Hamas et aux attaques du Hezbollah. « Ils ont le sentiment que leur droit à l'autodéfense est constamment remis en question, tandis que les victimes civiles palestiniennes sont mises en avant sans contexte », ajoute-t-il.

La guerre à Gaza comme catalyseur

Depuis le 7 octobre 2023, date de l'attaque du Hamas contre Israël qui a fait environ 1 200 morts, selon les autorités israéliennes, la situation s'est dégradée. L'opération militaire israélienne à Gaza a entraîné plus de 30 000 morts palestiniens, selon le ministère de la Santé de Gaza, suscitant des condamnations internationales. BHL souligne que cette guerre a exacerbé le sentiment d'abandon : « Les Israéliens voient les manifestations pro-palestiniennes dans le monde, les résolutions de l'ONU contre eux, et ils se demandent : où sont nos amis ? »

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L'impact sur la société israélienne

Le philosophe, qui effectue son énième voyage de soutien à Israël, note une profonde transformation de la société. « Il y a une colère sourde, mais aussi une résilience incroyable. Les gens continuent de vivre, mais avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête », décrit-il. Selon un sondage récent de l'Institut israélien de la démocratie, 78 % des Israéliens estiment que la communauté internationale ne comprend pas leur situation. Ce chiffre illustre le fossé entre la perception israélienne et l'opinion mondiale.

Un appel à la solidarité

Bernard-Henri Lévy appelle les démocraties occidentales à ne pas abandonner Israël. « Il ne s'agit pas de soutenir aveuglément le gouvernement Netanyahou, mais de ne pas laisser un État démocratique, le seul au Moyen-Orient, se faire acculer », insiste-t-il. Il rappelle que les Israéliens ont besoin de soutien moral et diplomatique, au-delà des critiques légitimes sur la conduite de la guerre.

Haïfa, symbole de coexistence

Le choix de Haïfa, ville réputée pour sa coexistence arabo-juive, n'est pas anodin. « Ici, à Haïfa, on voit que l'autre n'est pas un ennemi, mais un voisin. Malheureusement, ce modèle est mis à mal par les extrémistes », observe BHL. Il cite des chiffres : les actes de violence intercommunautaire ont augmenté de 50 % depuis le début du conflit, selon des organisations de défense des droits.

En conclusion, Bernard-Henri Lévy dresse un tableau sombre mais pas désespéré. « Les Israéliens ne veulent pas de la pitié, mais de la solidarité. Ils veulent que le monde voie leur réalité, pas seulement à travers le prisme des images de Gaza », affirme-t-il. Un message qu'il porte depuis Haïfa, comme un pont entre les rives de la Méditerranée et les consciences.

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