La loi sur l’aide à mourir, publiée mercredi au Journal officiel après validation par le Conseil constitutionnel, suscite déjà une vive réaction de la part de l’archevêque de Paris, Laurent Ulrich. Dans un communiqué, il a appelé les fidèles à faire « des choix courageux » en refusant de « bénéficier » de ce nouveau droit, qu’il qualifie de « possibilité » à ne pas transformer en réalité dans leurs vies.
Un appel à ne pas recourir au nouveau droit
« Aujourd’hui, demain, dans les temps à venir, il nous faudra sans doute faire des choix courageux, à contre-courant peut-être, à commencer par ceux que nous ferons pour nous-mêmes. C’est ainsi qu’il nous appartient, d’abord, de choisir de ne pas demander à bénéficier de ce "droit" nouveau », écrit Laurent Ulrich. Il ajoute : « L’euthanasie et le suicide assisté existent désormais comme une possibilité : rien ne doit nous contraindre à les faire exister comme des réalités dans nos vies. »
L’ecclésiastique a regretté que la loi « fasse désormais partie de notre système de droit », mais a souligné que « ce n’est pas pour autant la fin du combat que nous menons pour que la fraternité prévale ». Selon lui, ce texte marque une étape, mais ne doit pas signifier l’abandon des valeurs chrétiennes face à la mort.
Les conditions strictes de la loi
Le texte, validé par le Conseil constitutionnel avec quelques réserves, crée un droit à l’aide à mourir pour certains patients. Plusieurs conditions doivent se cumuler : le patient doit être majeur, Français ou résident de longue date, atteint d’une affection « grave et incurable » en phase terminale ou « avancée », souffrir physiquement de manière insupportable et être capable d’exprimer un choix éclairé jusqu’au dernier moment. La loi permet au patient de s’administrer un produit létal en présence d’un soignant. Si le patient ne peut accomplir physiquement le geste, le soignant peut s’en charger.
Les réserves du Conseil constitutionnel
Dans son avis rendu vendredi dernier, le Conseil constitutionnel avait émis plusieurs réserves. L’une d’elles élargit la clause de conscience pour les soignants qui refuseraient de participer au geste létal, à un établissement entier s’il existe une alternative au niveau local. Cette clause de conscience pourra également inclure un pharmacien qui refuse de préparer le produit létal, a considéré l’institution.
Pour Laurent Ulrich, ces réserves sont « une opportunité ». Il estime : « Que les structures qui ont fait de l’accompagnement des personnes gravement malades leur raison d’être et des soins palliatifs leur expertise trouvent dans ces réserves un encouragement à maintenir leur particularité, et à demeurer ces lieux où l’on ne tuera pas. » L’archevêque appelle ainsi les établissements catholiques à rester fidèles à leur mission d’accompagnement, sans recourir à l’euthanasie ou au suicide assisté.



