Fraternité Dassoute-Teuillac : Cinq ans d'engagement au Togo
L'association Fraternité Dassoute-Teuillac tiendra son assemblée générale ce dimanche 15 février. Cet événement permettra de dresser un bilan complet des actions menées et d'aborder le projet majeur de construction d'un dispensaire dans le village de Dassoute, au nord du Togo.
Dassoute : Un village sahélien de 1 500 habitants
« Dassoute est un petit village au nord du Togo, dans la zone sud-saharienne, d'environ 1 500 habitants. Il y a deux saisons, celle des pluies et la saison sèche », explique Alain Pons, président de l'association, qui a effectué un nouveau séjour sur place en décembre et janvier.
Le village fait partie d'un canton dont le chef-lieu est Tône 3, « une ville de 83 000 habitants », lui-même situé dans la région des Savanes, centrée sur Dapaong. « Mais Dassoute a aussi un chef de quartier qui représente le droit coutumier », précise Alain Pons.
Il s'agit d'un village à l'habitat dispersé où l'agriculture constitue l'activité principale (95 %). « Ce sont des petites propriétés où, sur une terre difficile, les gens arrivent à faire pousser des choses. Mais ils n'ont pas de possibilité de stockage, alors ils sont souvent obligés de vendre au plus bas. Ce sont des gens pauvres mais qui ne souffrent pas de malnutrition ».
Cinq ans de soutien concret
C'est auprès de cette communauté que l'association présidée par Alain Pons a décidé de s'investir il y a cinq ans. « On y apprend à être calme. Là-bas, ils disent : pourquoi faire aujourd'hui ce que je peux faire demain », sourit-il.
Les actions réalisées sont nombreuses et tangibles :
- Création d'une école et d'un collège en dur
- Mise en place d'une cantine à l'école primaire
- Fourniture de matériel scolaire aux enfants
- Construction de latrines
- Aide au maraîchage et à la fertilisation des sols
- Plantation d'arbres
- Mise en place d'un système de microcrédit avec les femmes
Accompagner la jeunesse locale
L'association s'est particulièrement préoccupée des jeunes. « Il n'y a pas beaucoup de possibilités sur place. Pour les études, le lycée le plus proche est à 50 km et l'université à 250 km. C'est difficile, alors les jeunes partent parfois au Ghana pour travailler dans des mines d'or. Ils ramènent de l'argent mais se ruinent la santé », détaille Alain Pons.
Pour offrir des alternatives, l'association a mis en place des formations artisanales :
- Réparation mécanique pour motos
- Maçonnerie
- Couture
Un défi majeur : L'accès à l'eau potable
La gestion de l'eau a constitué un enjeu crucial. Grâce au soutien de l'Unicef, de la Banque mondiale, Bordeaux Métropole et l'Agence Adour-Garonne, des réalisations concrètes ont vu le jour :
- Trois forages réalisés
- Deux châteaux d'eau construits
- Six fontaines installées en 2025
Ces infrastructures permettent désormais un accès à l'eau potable en toute saison. « Là, les habitants doivent apprendre à payer pour cet accès une fois par mois ; ce n'est pas toujours facile à comprendre pour les villageois », note Alain Pons.
Perspectives 2026 : Pérennisation et projet de dispensaire
Pour 2026, de nouveaux défis attendent l'association et les habitants de Dassoute, notamment la gestion et la pérennisation des actions entreprises. Un exemple concret : le magasin de vêtements pour enfants (issus de collectes) installé dans un local de l'école. « Là aussi, il faut acheter les produits ».
Le projet phare reste la construction d'un dispensaire. « Le grand projet est de trouver les fonds nécessaires à la construction d'un dispensaire. Le matériel doit être installé en 2027. Et parallèlement, nous finançons la formation de deux aides-soignantes ». Un projet qui nécessitera des soutiens publics ou privés.
En parallèle, un autre projet est en cours : la création d'un centre culturel-bibliothèque « non colonial, avec des livres d'auteurs africains » à Dapaong, en collaboration avec deux autres associations : Lomé-Dapaong, « qui nous sert de relais sur place », et 2A2D à Saint-Denis-de-Pile.