Yémen : 11 morts dans des frappes houthistes sur une raffinerie saoudienne
Yémen : 11 morts, raffinerie saoudienne visée

Des attaques menées par les rebelles houthistes ont fait onze morts au Yémen et ont visé une raffinerie saoudienne, ont indiqué dimanche 9 août des sources locales et les autorités saoudiennes. Ces frappes, qui ont également blessé plusieurs personnes, surviennent dans un contexte de tensions régionales accrues.

Des frappes meurtrières dans plusieurs provinces

Selon des responsables locaux yéménites, les frappes houthistes ont touché plusieurs zones, notamment dans la province de Marib, où neuf civils ont été tués, et dans la province de Taïz, où deux autres personnes ont perdu la vie. Les victimes étaient pour la plupart des femmes et des enfants, selon des sources médicales. Les secours ont été dépêchés sur place pour évacuer les blessés, dont certains se trouvent dans un état critique.

Les Houthis, qui contrôlent la capitale Sanaa et de vastes territoires dans le nord du pays, ont lancé ces attaques alors que les pourparlers de paix, parrainés par les Nations unies, semblent dans l'impasse. Une source au sein du gouvernement yéménite, soutenu par l'Arabie saoudite, a dénoncé des "violations flagrantes du droit international" et a appelé la communauté internationale à intervenir.

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Une raffinerie saoudienne endommagée

Parallèlement, les Houthis ont revendiqué une attaque de drone contre la raffinerie de Yanbu, située sur la côte ouest de l'Arabie saoudite. Selon le ministère saoudien de l'Énergie, l'attaque a provoqué un incendie qui a été maîtrisé, mais la raffinerie a subi des dégâts matériels. Aucune victime n'a été signalée dans cette installation, qui joue un rôle clé dans l'approvisionnement énergétique du royaume.

Les autorités saoudiennes ont condamné ces frappes, les qualifiant de "terroristes" et affirmant qu'elles menacent la sécurité énergétique mondiale. "Cette agression ne restera pas sans réponse", a déclaré un porte-parole du ministère de la Défense, sans donner plus de détails. Les marchés pétroliers ont réagi avec prudence, les prix du brut restant stables dans l'attente d'éventuelles représailles.

Un conflit qui s'éternise

Depuis 2014, le Yémen est en proie à une guerre dévastatrice entre les Houthis, soutenus par l'Iran, et le gouvernement yéménite, appuyé par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et plongé la population dans l'une des pires crises humanitaires au monde, selon l'ONU. Les attaques contre les infrastructures saoudiennes se sont intensifiées ces derniers mois, en dépit des appels à la désescalade.

En juin dernier, une trêve négociée par l'ONU avait permis une accalmie, mais elle a expiré sans être renouvelée. Les efforts de paix, menés par l'envoyé spécial Hans Grundberg, n'ont pas abouti à un accord durable. Les Houthis exigent la levée complète du blocus et le paiement des salaires des fonctionnaires, tandis que le gouvernement réclame le retrait des rebelles des zones conquises.

Réactions internationales

La communauté internationale a réagi rapidement. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé à la retenue et au retour à la table des négociations. Dans un communiqué, il a rappelé que "la seule issue viable est une solution politique négociée". Les États-Unis, par la voix de leur ambassadeur au Yémen, ont condamné les attaques et réaffirmé leur soutien à la coalition saoudienne.

L'Iran, qui dément tout soutien militaire aux Houthis, a dénoncé les frappes de la coalition sur le Yémen, les qualifiant de "crimes de guerre". Ces échanges de reproches illustrent la dimension régionale du conflit, qui oppose l'Arabie saoudite à l'Iran dans une lutte d'influence au Moyen-Orient.

Un impact humanitaire désastreux

Selon les organisations humanitaires, plus de 20 millions de Yéménites ont besoin d'aide, dont des millions d'enfants menacés par la malnutrition. Les infrastructures sanitaires et éducatives sont en ruine, et le choléra a fait son retour dans plusieurs régions. Les récentes frappes risquent d'aggraver encore une situation déjà dramatique, alors que les financements internationaux pour l'aide humanitaire se tarissent.

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Dans la province de Marib, théâtre de violents combats, des milliers de déplacés ont fui les zones touchées. Les équipes de secours, déjà débordées, peinent à répondre aux besoins. "Chaque attaque aggrave la souffrance des civils", a déclaré un porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), appelant toutes les parties à respecter le droit international humanitaire.

Vers une escalade ?

Les analystes craignent une escalade régionale après ces attaques. L'Arabie saoudite, qui a déjà subi des frappes sur ses installations pétrolières, pourrait riposter militairement, comme elle l'a fait par le passé. En 2019, des attaques sur les installations d'Aramco avaient brièvement perturbé la production mondiale de pétrole. Une nouvelle escalade aurait des conséquences désastreuses pour l'économie mondiale, déjà fragilisée par les tensions géopolitiques.

Pour l'instant, aucune annonce officielle de représailles n'a été faite. Mais les Houthis, de leur côté, ont menacé de poursuivre leurs attaques tant que le siège n'est pas levé. "Nous avons le droit de défendre notre peuple contre l'agression", a déclaré un porte-parole du mouvement, dans une référence à la coalition dirigée par Riyad.

L'ONU appelle à un cessez-le-feu

L'envoyé spécial de l'ONU, Hans Grundberg, a exhorté toutes les parties à accepter un nouveau cessez-le-feu et à reprendre les négociations. Dans un communiqué, il a souligné que "le coût humain de ce conflit est inacceptable et que la seule solution est politique". Il a également proposé un plan en plusieurs étapes, comprenant la réouverture des routes et l'échange de prisonniers.

La communauté internationale, de son côté, semble divisée. Si les Occidentaux soutiennent l'Arabie saoudite, la Russie et la Chine ont appelé à la retenue et à une solution négociée. Les Nations unies tentent de relancer un processus de paix, mais les obstacles restent nombreux. En attendant, les Yéménites continuent de subir les conséquences d'une guerre qui semble sans fin.