Gabriel Attal, candidat à la présidentielle de 2027, a dévoilé dimanche 9 août dans un entretien à l'AFP un plan « massif » pour la gestion de l'eau, axé sur la lutte contre le gaspillage et la mise en place d'un bouclier tarifaire. Face à la sécheresse inédite et aux vagues de chaleur successives qui frappent la France depuis fin juin, l'ancien Premier ministre veut faire de la maîtrise de l'eau un enjeu central de sa campagne.
Une « chasse au gâchis » sans précédent
« L'été 2026 nous montre que la maîtrise de l'eau est un enjeu existentiel », a-t-il insisté. Pour y répondre, il propose de « lancer la plus grande chasse au gâchis jamais menée », rappelant qu'un litre sur cinq est perdu à cause de fuites dans les réseaux de distribution. Concrètement, il souhaite « mieux orienter les crédits vers les réseaux qui ont les rendements les plus faibles » afin d'engager rapidement des travaux. Pour les 500 réseaux les moins performants, il promet un « plan de financement clé en main » aux communes ou intercommunalités.
L'objectif affiché est de récupérer « 1 000 milliards de litres d'eau, l'équivalent de 400 000 piscines olympiques », d'ici 2035. Un chiffre qui illustre l'ampleur du gisement d'économies possible, alors que les ressources en eau se raréfient.
S'inspirer du modèle espagnol pour réutiliser les eaux usées
Gabriel Attal veut également s'inspirer de l'Espagne, pays très en pointe en matière de réutilisation des eaux usées. Il propose de faire « sauter certains freins administratifs » afin d'accélérer le processus en France. L'autorisation de réutiliser des eaux usées devrait devenir « automatique si les standards globaux sont respectés », a-t-il souligné.
Cette mesure pourrait considérablement réduire la pression sur les ressources en eau potable, notamment dans les régions les plus touchées par la sécheresse.
Un bouclier tarifaire pour protéger les ménages
Alors que le prix de l'eau risque de grimper dans les années à venir, l'ancien Premier ministre souhaite « garantir un tarif bas et fixe pour les premiers litres essentiels en fonction de la taille du foyer ». Ce « bouclier tarifaire sera destiné aux classes moyennes et populaires », a-t-il précisé. Il s'agit d'éviter que les factures ne s'envolent, tout en incitant à une consommation responsable.
Pour piloter cette politique, Gabriel Attal propose la création d'un ministère dédié à la gestion de l'eau, en étroite relation avec les élus locaux. Une manière de donner une visibilité et une priorité claires à ce sujet.
Durcir les sanctions et tacle à l'opposition
Le candidat macroniste veut aussi durcir la réponse judiciaire : violer un arrêté sécheresse serait passible de « 3 000 euros d'amende pour un particulier et 15 000 pour une entreprise », soit le double des montants actuels. Une mesure dissuasive pour lutter contre les comportements irresponsables.
Dans son entretien, il en a profité pour tacler ses adversaires politiques : « on ne les a entendus que sur la climatisation cet été, pas sur l'eau », a-t-il déclaré à propos du Rassemblement national. Il a également critiqué La France insoumise, dont les propositions seraient « une sorte de cheval de Troie de la décroissance et n'auraient comme effet que d'aggraver les inégalités ».
Un contexte de tensions politiques
Cette annonce intervient alors que Gabriel Attal a récemment porté plainte pour ingérence étrangère, après avoir été visé par une campagne de désinformation pro-russe sur les réseaux sociaux. Il rejoint ainsi d'autres personnalités politiques comme Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann, également ciblés par des opérations de déstabilisation.
Le plan sur l'eau s'inscrit dans une stratégie plus large de construction de son image de candidat, axée sur des propositions concrètes face aux défis climatiques et sociaux.



