Venezuela : double séisme, 1719 morts et crise politique
Venezuela : double séisme, 1719 morts et crise politique

Au Venezuela, le double séisme continue de faire grimper un bilan déjà dramatique. Au moins 1 719 personnes sont mortes et 50 000 autres sont portées disparues. Un drame qui menace désormais de se transformer en crise politique. Alors que la colère de la population monte, alimentée notamment par l'état des infrastructures, la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, doit désormais faire face à une contestation politique grandissante.

Une catastrophe sans précédent

Il s'agit de la "catastrophe naturelle la plus brutale" de l'histoire du pays a estimé la présidente par intérim. Au-delà du dramatique bilan humain, de nombreuses habitations ont également été dévastées. Les Nations unies estiment que la catastrophe a généré 1,2 million de tonnes de débris dans la région de La Guaira, la plus durement touchée par les secousses. Aujourd'hui, près de 16 000 personnes n'ont plus de logement. À Caraballeda, dans la même zone, de nombreux habitants mettent directement en cause les autorités.

Des logements sociaux de qualité douteuse

En 2012, peu avant l'élection présidentielle, le gouvernement sortant de gauche avait lancé un vaste programme de logements sociaux, espérant séduire les électeurs. Ce 24 juin, une partie conséquente du complexe de 1 100 logements s'est effondrée. Dans les colonnes du Wall Street Journal, une habitante, peu surprise, témoigne : "J’avais l’habitude de dire que ces appartements étaient des maisons de poupée, faites de polystyrène". Selon le quotidien new-yorkais, cela n'a en réalité rien de la plaisanterie. Depuis le drame, dans les ruines des bâtiments, d'épaisses couches de polystyrène auraient été repérées. Le matériau aurait été utilisé comme matériau de remplissage entre les dalles de béton. En visite dans le quartier, des ingénieurs vénézuéliens ont exhorté le gouvernement à procéder rapidement à une inspection des logements sociaux similaires encore debout, à travers le pays.

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Une réponse étatique jugée trop lente

Autre motif de colère : la réponse de l'État, jugée trop lente et désorganisée face à l'ampleur du drame. Certains habitants, rencontrés par le Wall Street Journal, assurent que la catastrophe a été aggravée par "les mesures prises par le gouvernement de la présidente par intérim Delcy Rodriguez pour restreindre l’accès des bénévoles aux lieux sinistrés".

Les sinistrés estiment également que l’intervention des ambulanciers, des pompiers et des 1 600 secouristes venus de l’étranger a été ralentie par des questions administratives. Entre autres, le maire de la ville colombienne Medellín a indiqué que les pompiers envoyés par sa ville ont été bloqués pendant des heures par les autorités aéroportuaires vénézuéliennes. Même son de cloche du côté de l'Espagne qui rapporte que l'une de ses unités de secouristes volontaires a attendu deux jours l'accréditation de Caracas dans un aéroport. Une partie a fini par abandonner et ne jamais quitter son pays.

L'administration Trump sous pression

Au-delà de la présidente par intérim, plusieurs observateurs estiment que Donald Trump pourrait lui aussi pâtir politiquement de la catastrophe. La Maison-Blanche, qui après avoir enlevé Nicolas Maduro, a finalement apporté son soutien à sa successeure, Delcy Rodriguez. Dans les colonnes du Wall Street Journal, Diego Arria, un ancien haut diplomate vénézuélien en exil à Miami, met en garde contre ce risque : "Je pense que cela engendre du ressentiment parmi la population. Aujourd'hui, c'est contre le gouvernement Delcy. Demain, ce sera contre les États-Unis".

L'opposition bloquée

La leader de l'opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, a quant à elle accusé ce lundi 29 juin le pouvoir de Caracas de bloquer son retour dans son pays. En exil depuis décembre 2025, elle s'est dite "prête à tout ce qu'il faudra" pour atteindre le Venezuela et ainsi contribuer aux efforts de reconstruction du pays après les deux séismes successifs de la semaine dernière.

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Dans une vidéo publiée sur X et filmée au Panama, Maria Corina Machado a déclaré, sans donner plus de détails, qu'elle "serait au Venezuela pour aider à coordonner et à encourager les efforts des citoyens pendant cette situation d’urgence". Une perspective qui inquiète la Maison-Blanche, laquelle lui aurait demandé de différer son retour.