Une opération militaire conjointe d'une ampleur inédite
Ce samedi 28 février, les forces armées des États-Unis et d'Israël ont lancé une opération militaire conjointe d'une envergure exceptionnelle sur le territoire iranien. Les frappes ont ciblé pas moins de 500 objectifs stratégiques répartis dans de nombreuses villes du pays, incluant des installations nucléaires sensibles et des infrastructures militaires de première importance.
Une justification politique clairement affichée
L'objectif officiel de cette intervention a été formulé sans ambiguïté par les autorités américaines et israéliennes. « Éliminer la menace existentielle que représente le régime terroriste en Iran », a déclaré le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, reprenant la ligne directrice de Washington. Depuis sa résidence de Palm Beach en Floride, l'ancien président Donald Trump a immédiatement réagi en appelant le peuple iranien à se soulever contre ses dirigeants, les exhortant avec véhémence à « s'emparer du pouvoir ».
Une escalade prévisible mais néanmoins choquante
« Cette fois, il n'y avait quasiment aucune surprise », analyse le corédacteur en chef du quotidien L'Orient-Le Jour. « La guerre paraissait inévitable depuis déjà quelques semaines et imminente depuis quelques jours ». Les tensions entre Washington et Téhéran n'ont en effet cessé de croître depuis le mois de janvier dernier. L'intérêt marqué de Donald Trump pour les manifestations populaires iraniennes réprimées dans le sang, puis sa focalisation sur le dossier nucléaire iranien, ont progressivement conduit à cette confrontation armée.
Les pourparlers engagés début février n'ayant donné aucun résultat tangible, l'opération baptisée « Fureur épique » a été lancée. Le New York Times a qualifié cette initiative de « voie téméraire » et irresponsable dans un éditorial cinglant. Le journal américain rappelle amèrement que pendant sa campagne présidentielle de 2024, Donald Trump avait promis de mettre fin aux guerres, alors qu'en 2025, il a ordonné des frappes militaires dans sept pays différents.
Une procédure constitutionnelle controversée
L'opération soulève également des questions juridiques fondamentales. Le président américain n'a pas consulté le Congrès, « qui, selon la Constitution, est le seul pouvoir autorisé à déclarer une guerre », déplore l'éditorialiste du New York Times. Cette omission constitutionnelle s'ajoute aux risques considérables encourus par les membres des forces armées américaines engagées dans cette mission périlleuse.
La coordination américano-israélienne : un élément stratégique crucial
En faisant fi de l'avis de la communauté internationale, Donald Trump s'est exclusivement appuyé sur le soutien indéfectible de son allié israélien. « Le degré de coordination entre les États-Unis et Israël était également un élément attendu », explique le corédacteur en chef de L'Orient-Le Jour. « La participation israélienne permet de renforcer l'efficacité opérationnelle et, aux yeux des responsables américains, de mieux justifier le conflit auprès de l'opinion publique américaine ».
Cette alliance militaire présente des avantages tactiques évidents : « Le couple américano-israélien a intérêt à taper vite et fort pour prendre le régime de vitesse, détruire ses capacités de lancement de missiles balistiques, et atteindre un maximum d'objectifs » avant que le coût humain, politique et économique ne devienne prohibitif. La crainte d'une envolée des prix du baril de pétrole plane en effet comme une menace supplémentaire sur l'économie mondiale.
Les représailles iraniennes : une menace tangible et immédiate
La riposte iranienne ne s'est pas fait attendre, élargissant rapidement le théâtre des opérations à l'ensemble du Golfe. Les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont annoncé le lancement d'une « première vague d'attaques massives » contre Israël, avant de diriger leurs frappes vers les bases américaines de la région.
Le Koweït, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, le Bahreïn et le Qatar ont tous été touchés par ces contre-attaques. Le Financial Times souligne la dangerosité particulière de ces représailles : « [L'Iran] dispose à la fois de missiles à moyenne et longue portée capables de frapper Israël et d'un nombre bien plus important de missiles balistiques et de croisière à courte portée » qui menacent directement les installations américaines dans la région.
Cette capacité de frappe iranienne contraste avec la situation des stocks de missiles américains et israéliens qui « ayant atteint des niveaux historiquement bas », rendent les capacités militaires de Téhéran « une menace accrue » dans le contexte actuel.
Un régime iranien sous pression interne et externe
Ces attaques interviennent à un moment où le régime des mollahs semble « acculé » face à une population « traumatisée et appauvrie », constate El País. La confusion règne parmi les autorités comme au sein de la population civile. « Les principaux axes routiers menant hors de Téhéran sont embouteillés par des gens qui tentent de fuir en voiture », rapporte le quotidien espagnol, ajoutant que de nombreux citoyens font la queue pour acheter de la nourriture et du carburant.
Une habitante de la capitale iranienne témoigne avec amertume : « Aucune alarme n'a été déclenchée alors qu'ils ont attaqué en plein jour. Ce régime a dépensé des milliards d'argent public pour son programme militaire et balistique, mais tout ce qu'il sait faire, c'est réprimer et tuer des manifestants ».
Les autorités iraniennes ont appelé leurs concitoyens à « rester calmes » et à se rendre dans d'autres régions que celles ciblées, tout en promettant de garantir l'approvisionnement en produits de première nécessité. La chaîne Iran International, basée à Londres, rapporte également que les autorités ont demandé aux Iraniens « d'éviter de se rendre dans les centres commerciaux » pour des raisons de sécurité.
La mort d'Ali Khamenei : un séisme politique historique
Pendant de longues heures, la confusion sur place a été exacerbée par des rumeurs persistantes concernant la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei. Le quartier Pasteur, où se trouvent la résidence de l'ayatollah et la présidence, dans le centre de Téhéran, avait été spécifiquement visé par les frappes.
Le Wall Street Journal révèle que « les services de renseignement militaires et israéliens attendaient depuis longtemps une réunion de hauts responsables politiques et militaires iraniens » pour les neutraliser simultanément. Le journal précise qu'ils disposaient d'informations indiquant que trois réunions importantes étaient prévues ce samedi.
La confirmation d'un événement historique
Les rumeurs ont été confirmées dans la nuit par Donald Trump puis par la télévision d'État iranienne, provoquant des réactions contrastées. Alors que le régime exprimait sa colère, le peuple iranien manifestait son soulagement dans les rues. La mort de Khamenei, qui dirigeait la République islamique d'Iran depuis la révolution de 1989, représente « un événement politique qui s'apparente à un séisme dans l'histoire iranienne », analyse CNN.
La chaîne américaine ajoute que cet événement « menace la mainmise des islamistes durs qui ont transformé l'Iran en dictature théocratique impitoyable ». Des interrogations cruciales demeurent cependant : « la disparition des hauts dirigeants déclenchera-t-elle une vague de réformes institutionnelles, ou libérera-t-elle au contraire des forces politiques incontrôlables ? »
Une succession préparée mais incertaine
Le Guardian avertit que « Ali Khamenei, dirigeant impitoyable et pragmatique [...] sera probablement remplacé par des figures intransigeantes ». Les autorités iraniennes ont annoncé que le processus de transition allait démarrer ce dimanche, alors que le New York Times révèle que l'ayatollah avait minutieusement préparé sa succession.
Le quotidien américain précise : « Il a établi quatre niveaux de succession pour chacun des postes de commandement militaire et gouvernemental qu'il nomme personnellement. Il a également demandé à tous les dirigeants de désigner jusqu'à quatre remplaçants ». Ces dispositions complexes témoignent de la préparation méticuleuse du guide suprême, près de quarante années après sa prise de pouvoir.
La région se trouve désormais à un carrefour historique, entre l'espoir de changements politiques profonds et la crainte d'une instabilité prolongée, tandis que les conséquences géopolitiques de cette opération militaire continuent de se déployer dans tout le Golfe et au-delà.



