Frappes conjointes USA-Arabie saoudite en Irak : une première
USA-Arabie saoudite : premières frappes conjointes en Irak

Le 28 juillet 2025, l'armée américaine et l'Arabie saoudite ont pour la première fois mené des frappes conjointes contre des milices pro-iraniennes en Irak, selon des déclarations officielles. Cette opération marque une implication directe et inédite de Riyad dans le conflit opposant Washington à Téhéran. Le Commandement central américain (CENTCOM) a précisé que les cibles étaient des sites logistiques et des dépôts d'armes qualifiés de « terroristes ».

Des représailles après des attaques de drones

Ces frappes font suite à plus de 30 attaques de drones imputées par les États-Unis au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien. Selon le CENTCOM, ces frappes visaient à empêcher de nouvelles attaques contre les forces américaines et les infrastructures énergétiques saoudiennes. L'armée saoudienne a confirmé sa participation sans donner de détails.

Le ministère saoudien de la Défense a indiqué que ses défenses aériennes avaient intercepté plusieurs drones tentant de viser des installations pétrolières dans la région orientale du royaume. Washington accuse les milices proxy irakiennes d'avoir exécuté une partie de ces attaques.

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Réactions irakiennes et démentis

Le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi a ordonné une enquête, tandis que l'armée irakienne a affirmé sa détermination à empêcher l'utilisation de son territoire comme base d'attaques contre des pays voisins. Les Forces de mobilisations populaires (FMP), coalition de milices pro-iraniennes, ont nié toute implication dans les attaques de drones. Selon l'agence de presse AP, au moins dix de leurs combattants ont été tués dans les frappes.

Des médias iraniens ont rapporté que les frappes s'étaient étendues aux provinces de Diyala et de Kirkouk, dans le nord-est de l'Irak. La « Résistance islamique en Irak », une coalition de groupes armés soutenus par l'Iran, a qualifié les accusations saoudiennes de « fabrications », selon le Washington Post, suggérant que les attaques de drones du lundi précédent étaient l'œuvre des Houthis, qui avaient eux-mêmes revendiqué une attaque contre des installations pétrolières saoudiennes.

Une escalade régionale aux multiples acteurs

Cette implication de Riyad intervient alors que les discussions entre Washington et Téhéran sur le détroit d'Ormuz sont dans l'impasse. La semaine du 10 juillet, les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont annoncé un blocus des exportations pétrolières saoudiennes en mer Rouge. Selon un rapport de l'Institute for the Study of War daté du 25 juillet, l'Arabie saoudite aurait mené des frappes contre des positions houthies au Yémen, sans confirmation officielle.

Mardi, les Houthis ont revendiqué des attaques de drones contre des infrastructures pétrolières saoudiennes et affirmé avoir visé un pétrolier saoudien en mer Rouge. Il reste impossible de déterminer si ces attaques sont liées aux frappes conjointes ou coordonnées avec les milices irakiennes.

Un conflit qui s'étend

Ces développements constituent une escalade significative du conflit, qui dure depuis plus de cinq mois malgré un accord signé en juin 2025 entre Téhéran et Washington, censé ramener la stabilité. Selon des observateurs, la participation de Riyad traduit l'impatience des monarchies du Golfe face à l'incapacité du gouvernement irakien à contenir les groupes armés soutenus par l'Iran.

Plus tôt dans la journée de mardi, le CENTCOM a annoncé avoir intercepté plusieurs missiles balistiques iraniens visant des forces américaines au Moyen-Orient, déjouant une « tentative d'attaque surprise ». Des médias iraniens proches des Gardiens de la révolution ont affirmé que les missiles visaient des bases américaines en Jordanie, diffusant des images de leur lancement.

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