La Russie a déclaré jeudi 13 août n'avoir reçu aucune proposition formelle pour un moratoire sur les attaques en mer Noire, alors que les discussions se poursuivent sur une possible trêve dans cette zone stratégique. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions persistantes et d'échanges d'accusations entre Moscou et Kiev.
Une absence de proposition formelle
« Nous n'avons pas reçu de proposition formelle pour un moratoire sur les attaques en mer Noire », a affirmé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors de son point presse quotidien. Il a précisé que les discussions en cours ne se sont pas concrétisées par un document officiel transmis à la Russie.
Cette déclaration fait suite aux appels de plusieurs pays, dont la Turquie et l'ONU, à instaurer un moratoire afin de sécuriser les routes maritimes dans la mer Noire, essentielles pour les exportations de céréales ukrainiennes et russes.
Des discussions en cours mais pas d'avancée concrète
Selon des sources diplomatiques, des pourparlers exploratoires ont eu lieu ces dernières semaines, mais ils n'ont pas abouti à une proposition formelle. La Russie conditionne toute trêve à la levée des sanctions occidentales sur son secteur agricole et à la reprise des livraisons d'ammoniac via un pipeline reliant la Russie à l'Ukraine.
De son côté, l'Ukraine a réitéré son soutien à un moratoire, mais exige des garanties de sécurité pour ses ports et ses navires. Le président Volodymyr Zelensky a déclaré que « tout cessez-le-feu doit être accompagné de mécanismes de vérification fiables ».
Un enjeu crucial pour les exportations de céréales
La mer Noire est un corridor vital pour les exportations de céréales. En 2023, l'Ukraine a exporté plus de 50 millions de tonnes de céréales, dont une grande partie via ses ports de la mer Noire. Un moratoire pourrait réduire les risques pour les navires marchands et stabiliser les prix alimentaires mondiaux.
Les frappes russes sur les infrastructures portuaires ukrainiennes ont perturbé ces exportations, entraînant une hausse des prix sur les marchés internationaux. Selon l'ONU, plus de 30 millions de personnes dans le monde dépendent de ces exportations pour leur sécurité alimentaire.
La Russie, quant à elle, est un exportateur majeur de blé et d'engrais. Elle a accusé l'Ukraine de menacer ses navires et a averti qu'elle ne tolérerait aucune attaque contre sa flotte en mer Noire.
Des propositions alternatives sur la table
Plusieurs médiateurs, dont la Turquie, ont proposé des plans de désescalade. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a suggéré un « accord de corridor » qui permettrait de reprendre les exportations de céréales sans trêve complète. Cependant, ces propositions n'ont pas encore été formalisées.
La Russie a également évoqué la possibilité d'un « accord partiel » portant uniquement sur les navires civils, mais sans précision sur les modalités. Les négociations restent donc dans l'impasse, chaque camp attendant que l'autre fasse un pas supplémentaire.
En attendant, les frappes se poursuivent. Mercredi, une attaque de drone ukrainienne a endommagé un navire de guerre russe dans le port de Novorossiisk, provoquant une réponse russe sur des infrastructures portuaires ukrainiennes. Ces incidents soulignent l'urgence d'un accord, mais aussi la difficulté de parvenir à un consensus.
La communauté internationale suit de près ces développements. L'ONU a appelé à une « désescalade immédiate » et à la reprise des négociations. Selon un diplomate européen, « un moratoire sur les attaques en mer Noire est un premier pas essentiel vers une paix durable ».



