Trump menace l'Iran sur le détroit d'Ormuz dans un contexte de trêve fragile
Donald Trump a lancé un avertissement sévère à l'Iran jeudi, menaçant de représailles si Téhéran instaure des frais pour les navires transitant par le détroit d'Ormuz. Sur sa plateforme Truth Social, l'ancien président américain a réagi vivement à des informations évoquant une possible taxation des pétroliers empruntant ce passage stratégique. « Ils ont intérêt à ne pas le faire […] ils feraient mieux d'arrêter maintenant ! », a-t-il déclaré, alors que la trêve entre Washington et Téhéran n'en est qu'à son deuxième jour.
Une trêve rapidement mise à l'épreuve
La fragilité de cet accord de cessez-le-feu a été immédiatement démontrée par plusieurs événements. Le Koweït a annoncé jeudi avoir été ciblé par une attaque de drones, une première dans le Golfe depuis l'entrée en vigueur de la trêve. L'armée koweïtienne a précisé dans un message sur X que ses défenses aériennes avaient intercepté des drones hostiles visant plusieurs installations stratégiques sur son territoire.
Parallèlement, les tensions persistent au Liban où les frappes israéliennes se poursuivent sans relâche. Les bombardements menés mercredi par Tsahal ont fait au moins 300 morts et 1.150 blessés selon le ministère libanais de la Santé, provoquant des ripostes du Hezbollah qui compromettent sérieusement les perspectives d'apaisement.
Les positions iraniennes et israéliennes se durcissent
Mojtaba Khamenei, le nouveau Guide suprême iranien, a tenu à clarifier la position de son pays jeudi dans un message diffusé par la télévision d'État. Intervenant quarante jours après la mort de son père Ali Khamenei, il a affirmé que l'Iran « ne pas avoir cherché la guerre » mais a catégoriquement refusé toute concession sur ce que Téhéran considère comme ses droits légitimes.
Le dirigeant iranien a évoqué le rôle du « front de la résistance », notamment dans le contexte des tensions au Liban entre Israël et le Hezbollah. Il a par ailleurs exhorté la population à maintenir la pression, estimant que la mobilisation populaire reste un levier clé capable d'influencer directement le rapport de force et le déroulement des négociations en cours.
Des discussions prévues à Washington malgré les tensions
Dans ce contexte particulièrement tendu, des discussions entre le Liban et Israël devraient se dérouler la semaine prochaine à Washington, au sein du département d'État américain. Selon une source proche du dossier citée jeudi par l'AFP sous couvert d'anonymat, cette initiative intervient alors que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a affirmé avoir donné instruction à son gouvernement d'engager des « négociations directes » avec Beyrouth.
Cette annonce survient paradoxalement alors que les frappes israéliennes se poursuivent sur le territoire libanais, ravivant les tensions et fragilisant davantage la trêve récemment établie entre les États-Unis et l'Iran, selon l'analyse de plusieurs acteurs internationaux.
La reprise timide du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz
Malgré les menaces de Trump et les déclarations fermes de Téhéran, le trafic maritime reprend timidement dans le détroit d'Ormuz avec le passage d'un premier pétrolier non iranien depuis l'entrée en vigueur de la trêve. Ce développement intervient alors que l'Iran affirme refuser la guerre mais exclut toute concession sur son programme nucléaire, créant un équilibre précaire dans la région.
La Turquie et la Russie plaident quant à elles pour une extension régionale de l'accord de cessez-le-feu afin d'éviter une escalade plus large, tandis que l'attaque de drones contre le Koweït vient rappeler la volatilité extrême de la situation malgré les efforts diplomatiques en cours.



