À deux mois de l'élection présidentielle brésilienne, les ex-présidents américain et argentin, Donald Trump et Javier Milei, ont intensifié leurs critiques contre le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva. Dans une série de messages publiés sur les réseaux sociaux, ils l'ont accusé de préparer une fraude électorale, reprenant sans preuve des allégations déjà rejetées par les autorités électorales brésiliennes.
Des accusations sans fondement
Le 5 août, Donald Trump a écrit sur son réseau social Truth Social : « Lula est un communiste dangereux qui va voler l'élection. Les Brésiliens doivent se réveiller ! » De son côté, Javier Milei a partagé un message similaire, affirmant que « le socialisme ne gagne que par la fraude ». Ces propos font écho à des rumeurs infondées circulant sur l'intégrité du système de vote électronique brésilien, largement salué pour sa fiabilité.
Le contexte électoral brésilien
Le Brésil se prépare pour le premier tour de l'élection présidentielle prévu le 2 octobre. Lula, favori des sondages avec environ 45 % des intentions de vote, affronte le président sortant Jair Bolsonaro, crédité de 32 %. Les attaques de Trump et Milei s'inscrivent dans une stratégie plus large de la droite radicale internationale pour délégitimer les processus électoraux dans les pays progressistes.
Réactions au Brésil
Le Tribunal supérieur électoral (TSE) a réagi fermement, qualifiant ces déclarations de « ingérence inacceptable dans les affaires internes du Brésil ». Le président du TSE, Luis Roberto Barroso, a rappelé que « le système électoral brésilien est transparent et vérifiable, avec des audits réguliers ». Des manifestations de soutien à Lula ont eu lieu dans plusieurs villes, tandis que les partisans de Bolsonaro ont relayé les accusations.
Impact sur la campagne
Les analystes estiment que ces attaques pourraient renforcer la base électorale de Lula, en le présentant comme la victime d'une conspiration internationale. Selon une étude de l'Université de São Paulo, 60 % des Brésiliens considèrent que les critiques étrangères sont une ingérence. « Chaque attaque de Trump ou Milei donne à Lula une occasion de se poser en défenseur de la souveraineté nationale », commente la politologue Maria do Socorro Sousa.
Un précédent inquiétant
Cette ingérence rappelle les tentatives de déstabilisation lors des élections américaines de 2020, où Trump avait contesté sa défaite sans preuve. Les experts craignent que ces manœuvres ne fragilisent la confiance dans les institutions démocratiques. Le Brésil, première économie d'Amérique latine, est particulièrement vulnérable à ces manipulations, dans un climat politique déjà polarisé.
Lula répond
Lors d'un meeting à São Paulo, Lula a répondu avec ironie : « Ils ont peur que le peuple brésilien choisisse la démocratie et la justice sociale. Je ne vais pas perdre mon temps avec des gens qui ne respectent pas la volonté populaire. » Il a appelé ses partisans à rester vigilants et à défendre le processus électoral.
Prochaines étapes
Le TSE a annoncé qu'il allait saisir la justice contre les auteurs de fausses informations, mais les poursuites contre des personnalités étrangères s'annoncent complexes. En attendant, la campagne s'annonce de plus en plus tendue, avec des enjeux internationaux qui s'invitent dans le débat national.



