Les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance dominée par les combattants kurdes, ont annoncé leur dissolution et leur intégration dans les institutions de l'État syrien, scellant ainsi la fin de l'autonomie kurde dans le nord-est du pays. Cette décision, révélée ce jeudi 27 août 2026, marque un tournant majeur dans le conflit syrien, près de quinze ans après le début de la révolution de 2011.
Une annonce historique après des négociations avec Damas
L'annonce a été faite par le commandant en chef des FDS, Mazloum Abdi, lors d'une conférence de presse tenue à Hassaké, la principale ville de la région. Selon lui, cette dissolution intervient après des mois de négociations avec le gouvernement syrien, sous médiation américaine. « Nous avons décidé de dissoudre les FDS et de rejoindre l'armée syrienne pour préserver l'unité du pays et protéger les acquis de notre peuple », a-t-il déclaré.
Cette décision implique que les quelque 100 000 combattants des FDS seront intégrés dans les rangs de l'armée régulière syrienne, sous l'autorité du ministère de la Défense à Damas. Les institutions civiles de l'administration autonome, mises en place depuis 2014, seront également transférées à l'État syrien, selon un calendrier qui reste à préciser.
La fin d'une expérience d'autonomie unique en Syrie
Depuis 2014, les FDS, soutenues par la coalition internationale menée par les États-Unis, avaient établi une administration autonome dans les provinces de Hassaké, de Raqqa et de Deir ez-Zor, avec l'arabe et le kurde comme langues officielles. Cette expérience, fondée sur des principes de fédéralisme démocratique inspirés du leader kurde Abdullah Öcalan, avait permis de sécuriser la région face à l'État islamique et de mettre en place des services locaux.
La dissolution des FDS intervient alors que la Turquie, qui considère les YPG (Unités de protection du peuple), principale composante des FDS, comme une organisation terroriste liée au PKK, avait menacé à plusieurs reprises de lancer une offensive militaire dans la région. Selon des analystes, cette décision vise également à éviter une nouvelle escalade avec Ankara, qui a déjà mené trois opérations militaires dans le nord de la Syrie depuis 2016.
Réactions et conséquences pour la région
Le gouvernement syrien a salué cette annonce, la qualifiant de « pas important vers la restauration de la souveraineté de l'État sur l'ensemble du territoire ». De son côté, la coalition internationale a exprimé son soutien à cette transition, tout en appelant à garantir la sécurité des anciens combattants et des populations locales.
Les réactions locales sont mitigées : si certains habitants de Hassaké voient cette décision comme une nécessité pour la stabilité, d'autres craignent un retour en arrière sur les droits culturels et politiques acquis. « Nous avons peur de perdre notre langue et notre identité », confie une enseignante kurde de la ville, qui a requis l'anonymat.
La mise en œuvre de cette dissolution se fera progressivement, avec des comités conjoints chargés de superviser l'intégration des combattants et le transfert des institutions. Selon Mazloum Abdi, les FDS continueront d'assurer la sécurité pendant la transition, avant le déploiement complet des forces gouvernementales.
Cette décision pourrait avoir des répercussions au-delà des frontières syriennes, notamment sur l'équilibre des forces dans la région et sur les négociations politiques plus larges sur l'avenir de la Syrie. Elle intervient alors que le président syrien Bachar el-Assad a réaffirmé sa volonté de reprendre le contrôle de toutes les zones échappant à son autorité, et que les pourparlers de Genève sur une nouvelle constitution sont au point mort.



