Ebola en RDC : l'ONU réclame 1,1 milliard de dollars
Ebola en RDC : l'ONU réclame 1,1 milliard de dollars

Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a demandé jeudi une levée de fonds de 1,1 milliard de dollars pour compléter le plan d'aide humanitaire destiné à lutter contre l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC), qui ne cesse de progresser. Cet appel intervient alors que les ressources actuelles ne permettent de tenir que quelques semaines.

Un plan de réponse humanitaire financé à 48 %

« Nous avons présenté un plan de besoins et de réponse humanitaires de 2,13 milliards de dollars. Il est financé à 48 %, grâce notamment à une contribution majeure des États-Unis. Mais les ressources dont nous disposons actuellement ne permettront de tenir que quelques semaines, et non quelques mois », a déclaré António Guterres depuis le siège de l'organisation.

Le chef de l'ONU a insisté sur l'urgence de la situation : « Sans financement supplémentaire, des opérations essentielles vont se retrouver à court de fonds précisément au moment où elles doivent prendre de l'ampleur. C'est pourquoi je demande que 1,1 milliard de dollars restants soient mobilisés afin de financer intégralement le plan de réponse humanitaire, étant entendu que des ressources supplémentaires seront encore nécessaires à l'avenir. »

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Une épidémie plus meurtrière que celle de 2018-2020

Déclarée le 15 mai et désormais étendue à six provinces, l'épidémie d'Ebola a déjà fait 2.744 morts à la date du 25 août, selon António Guterres. En seulement trois mois, elle dépasse celle qui avait sévi entre 2018 et 2020 dans l'est du pays, considérée jusqu'alors comme la plus meurtrière de son histoire. Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels et provoque une fièvre hémorragique, a tué plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.

« Nous savons comment contenir Ebola, comment interrompre sa transmission et comment sauver des vies. Mais nous devons aussi vaincre un autre virus : le virus de l'indifférence, car l'attention internationale, l'attention politique et les ressources restent encore en deçà de la réalité du terrain », a estimé le chef de l'ONU.

Un contexte fragile et une riposte critiquée

« Nous sommes confrontés à une urgence de santé publique dans l'un des contextes les plus fragiles au monde », a-t-il insisté, estimant à « plus de 12 millions » le nombre de personnes nécessitant une aide humanitaire.

Il n'existe aucun vaccin ou traitement spécifique homologué contre la souche Bundibugyo d'Ebola, à l'origine de la flambée actuelle. Des essais cliniques sont en cours, et 70.000 doses du vaccin Ervebo, homologué contre Zaïre, une autre souche du virus, ont été envoyées en RDC pour évaluer son impact sur Bundibugyo. Sous-financée, la riposte fait l'objet de critiques pour sa lenteur et son manque d'organisation et se heurte à la défiance d'une partie de la population.

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