Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a estimé que la fonction protocolaire du chef de l'État doit évoluer face à la montée de l'extrême droite, dans un entretien accordé au journal Süddeutsche Zeitung et publié lundi 13 juillet. Selon lui, le président ne peut plus se contenter d'un rôle représentatif et doit devenir un acteur politique plus engagé pour défendre la démocratie.
Un constat alarmant sur la montée de l'extrême droite
Steinmeier a souligné que l'extrême droite, notamment via le parti Alternative für Deutschland (AfD), gagne du terrain en Allemagne, avec des scores électoraux en hausse dans plusieurs Länder. Il a cité des sondages récents montrant que l'AfD pourrait atteindre 20 % des intentions de vote au niveau national. "Nous devons prendre cette menace au sérieux", a-t-il déclaré.
Une redéfinition du rôle présidentiel
Le président a plaidé pour une révision de sa fonction, traditionnellement limitée à des tâches protocolaires et de représentation. "Je ne peux pas rester silencieux quand les fondements de notre démocratie sont attaqués", a-t-il affirmé. Il propose que le président puisse prendre position plus ouvertement sur des questions politiques, tout en restant au-dessus des partis.
Réactions politiques et constitutionnelles
Cette déclaration a suscité des réactions contrastées. Le parti social-démocrate (SPD) a salué une "prise de conscience nécessaire", tandis que l'AfD a accusé Steinmeier de "violer la neutralité présidentielle". Des constitutionnalistes, comme le professeur Ulrich Battis, estiment que la Loi fondamentale permet une interprétation plus large du rôle présidentiel, mais que toute évolution doit être prudente pour éviter une politisation excessive.
Un contexte de tensions politiques
L'Allemagne fait face à une montée des extrêmes, avec des manifestations anti-migrants et une polarisation croissante. Steinmeier a rappelé que la fonction présidentielle a déjà évolué par le passé, notamment sous Gustav Heinemann dans les années 1970. Il appelle à un débat national sur le rôle du chef de l'État dans la protection de la démocratie.



