Soudan : Khartoum visée par des frappes de drones paramilitaires
Soudan : Khartoum visée par des frappes de drones

Pour le deuxième jour consécutif, la capitale soudanaise Khartoum a été visée par des frappes de drones menées par les forces paramilitaires de soutien rapide (FSR). Selon un bilan provisoire rapporté par des sources médicales, ces attaques ont fait au moins 15 morts et plusieurs dizaines de blessés. Les frappes ont touché plusieurs quartiers résidentiels, dont al-Muqrin, au centre-ville, et la zone du marché de Karrari, au nord de la capitale.

Des frappes meurtrières dans des zones densément peuplées

Les frappes de drones ont visé des zones densément peuplées, provoquant des pertes humaines importantes. Un médecin de l'hôpital d'El-Moalem, qui a requis l'anonymat, a confirmé que son établissement avait reçu 15 corps et plus de 40 blessés, dont de nombreux enfants et femmes. "La situation est catastrophique, les équipes médicales sont débordées et manquent de moyens pour soigner les blessés", a-t-il déclaré.

Les habitants de Khartoum vivent dans la terreur depuis le début des frappes, qui ont débuté jeudi soir. Les drones, qui survolent la ville à basse altitude, ont également perturbé les communications et provoqué des coupures d'électricité dans plusieurs quartiers. Les autorités locales appellent les civils à rester chez eux et à éviter de se déplacer.

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Une escalade du conflit entre l'armée et les FSR

Ces frappes interviennent dans un contexte de regain de tensions entre l'armée soudanaise, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, et les FSR, dirigées par le général Mohamed Hamdan Daglo, dit "Hemedti". Depuis le début du conflit en avril 2023, les deux camps s'affrontent pour le contrôle du pays, avec des conséquences humanitaires désastreuses. Selon les Nations unies, plus de 10 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays et des centaines de milliers ont fui vers les pays voisins.

Les FSR, qui contrôlent une grande partie de la région du Darfour et certaines zones de Khartoum, ont intensifié leurs attaques de drones ces dernières semaines, ciblant notamment les infrastructures militaires et les zones résidentielles. L'armée, de son côté, a mené des frappes aériennes et des opérations terrestres pour tenter de reprendre le contrôle de la capitale.

Une crise humanitaire qui s'aggrave

La communauté internationale a condamné ces frappes, qui aggravent une situation humanitaire déjà critique. L'ONU a appelé à un cessez-le-feu immédiat et à la reprise des négociations de paix, qui sont au point mort depuis plusieurs mois. Les organisations humanitaires, qui peinent à accéder aux zones de conflit, alertent sur le risque de famine et d'épidémies dans les zones les plus touchées.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, plus de 70 % des hôpitaux du pays sont hors service, et ceux qui fonctionnent encore manquent cruellement de médicaments et de personnel. Les civils, pris entre deux feux, subissent des violences, des pillages et des arrestations arbitraires. Les frappes de drones de ces derniers jours ne font qu'ajouter à la détresse d'une population déjà épuisée par plus de deux ans de conflit.

Les négociations de paix, qui devaient reprendre à Genève sous l'égide de l'ONU, ont été reportées sine die, en raison des désaccords entre les deux parties. En attendant, les frappes continuent de faire des victimes, et la population de Khartoum vit dans la peur constante de nouvelles attaques.

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