Le gouvernement serbe a annoncé que Ratko Mladic, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie décédé le 28 août, recevra des funérailles nationales avec honneurs militaires et d'État. Cette décision, rapportée par l'agence de presse serbe Tanjug, intervient alors que Mladic avait été condamné à la prison à vie pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).
Une décision officielle du gouvernement serbe
Le gouvernement serbe a confirmé que les funérailles de Ratko Mladic se dérouleront avec les honneurs militaires et d'État. Selon l'agence Tanjug, cette décision a été prise en reconnaissance de son rôle pendant les guerres de Yougoslavie. Mladic, décédé à l'âge de 83 ans, était considéré par certains comme un héros, tandis que d'autres le qualifiaient de criminel de guerre.
La nouvelle a suscité de vives réactions, notamment de la part des associations de victimes et de la communauté internationale. Les funérailles nationales, prévues dans les prochains jours, devraient se tenir à Belgrade, la capitale serbe, avec une cérémonie officielle.
Un héritage controversé
Ratko Mladic, né en 1942, a dirigé l'Armée de la République serbe de Bosnie pendant la guerre de Bosnie (1992-1995). Il a été arrêté en 2011 après seize ans de cavale, puis condamné en 2017 à la prison à vie pour son rôle dans le massacre de Srebrenica, où plus de 8 000 hommes et garçons bosniaques ont été tués.
Sa condamnation a été confirmée en appel en 2021 par le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux. Malgré cela, une partie de l'opinion publique serbe continue de le considérer comme un défenseur de la nation serbe. Le gouvernement serbe, dirigé par le président Aleksandar Vucic, a justifié cette décision en affirmant que les funérailles nationales sont un hommage à un officier qui a servi son pays.
Des réactions internationales
Cette annonce a été critiquée par plusieurs pays et organisations, qui y voient une glorification d'un criminel de guerre. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a exprimé sa préoccupation, rappelant que Mladic a été reconnu coupable de génocide. Des associations de victimes en Bosnie ont également dénoncé cette décision, la qualifiant d'offense à la mémoire des victimes.
Le gouvernement serbe, pour sa part, a défendu sa position en soulignant que les funérailles nationales ne signifient pas une réhabilitation de Mladic, mais un hommage à un ancien officier. Les funérailles devraient avoir lieu dans les prochains jours, et la dépouille de Mladic sera inhumée à Belgrade.



