La Russie a annoncé mercredi avoir lancé une procédure de recherche internationale à l'encontre du patron de Telegram, Pavel Durov, en l'accusant de « complicité de terrorisme ». Les services de sécurité russes (FSB) affirment que sa messagerie est utilisée par les services spéciaux ukrainiens pour recruter de jeunes Russes à des fins de sabotage.
Accusations du FSB
Dans un communiqué, le FSB a indiqué avoir émis « un avis de recherche international » visant Pavel Durov, sans préciser la nature exacte de cette notice ni si d'autres pays y donneront suite. Le milliardaire, âgé de 41 ans et naturalisé français en 2021, se trouve actuellement en France. Il est visé par des accusations de « complicité de terrorisme » dans le cadre d'une enquête criminelle sur le recrutement de jeunes Russes par les services ukrainiens pour des activités de sabotage.
Le robot de rencontres Leo Match Bot
Le FSB reproche à Telegram de ne pas avoir supprimé un robot de rencontres populaire, Leo Match Bot, qui aurait été utilisé par les services spéciaux ukrainiens. Selon le communiqué, 46 citoyens russes âgés de 12 à 22 ans ayant utilisé ce bot – interdit en Russie – ont été arrêtés depuis juillet 2025 dans différentes régions pour agression de membres des forces de l'ordre et actes de sabotage contre des infrastructures énergétiques et de transport.
Le FSB assure que ces jeunes ont été contactés sur ce bot par des agents ukrainiens se faisant passer pour des jeunes filles, afin de faire pression sur eux et les inciter à incendier des sites d'infrastructure et à agresser des policiers.
Contexte judiciaire en France
Pavel Durov, cofondateur de Telegram en 2013, est sous le coup d'une mise en examen en France depuis août 2024, après une interpellation spectaculaire à sa descente d'avion. La justice française lui reproche de ne pas agir contre la diffusion de contenus criminels sur sa plateforme, notamment par un manque de modération et de collaboration avec les enquêteurs. Il est soumis à un contrôle judiciaire et doit rester en France.
Durov, libertarien revendiqué et défenseur de la confidentialité sur Internet, est controversé pour son refus de toute modération sur Telegram.
Conflit Russie-Ukraine et restrictions numériques
La Russie, qui mène une offensive à grande échelle en Ukraine depuis février 2022, fait face à des restrictions numériques croissantes. Ces derniers mois, Moscou a restreint l'accès à Telegram et à WhatsApp, les accusant d'être utilisés par les services ukrainiens contre la sécurité du pays. Les autorités russes avaient déjà tenté de bloquer Telegram en 2018, avant de renoncer.
Telegram reste l'une des messageries les plus populaires en Russie, utilisée aussi bien par des citoyens ordinaires que par les services publics, dont le Kremlin, les ministères et les forces de l'ordre.



