Les frappes au Moyen-Orient ont repris ce mercredi après une accalmie de plusieurs jours, l'armée américaine annonçant avoir intercepté des missiles iraniens avant de lancer une attaque conjointe avec l’Arabie saoudite contre des milices pro-iraniennes en Irak. Au moins 20 membres du Hachd al-Chaabi, une alliance de groupes armés irakiens incluant des factions pro-iraniennes, ont été tués, selon des sources au sein de l'alliance. Parmi les victimes figurent cinq conseillers iraniens, tués lors d'une frappe dans la province centrale de Diyala, ont déclaré ces sources. Des journalistes de l'AFP ont rapporté avoir vu des cercueils enveloppés dans des drapeaux iraniens lors de funérailles organisées à Bagdad.
Reprise des frappes américano-saoudiennes en Irak
Washington et Ryad ont annoncé avoir visé dans la nuit des « terroristes » soutenus par l'Iran, en réponse à des attaques contre des cibles américaines et des installations pétrolières saoudiennes. Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que « des avions de combat américains et saoudiens ont frappé plusieurs sites logistiques et d’armement terroristes dans l’est de l’Irak », avertissant l’Iran et ses alliés de cesser leurs attaques sous peine d’une nouvelle riposte. Le Hachd al-Chaabi, intégré aux forces irakiennes, a confirmé la mort d'au moins 20 combattants.
L'Iran riposte et dénonce
En réaction, la télévision d'État iranienne a annoncé que les États-Unis avaient mené des frappes sur une ville du nord-ouest du pays, à la frontière avec l'Irak. « Il y a quelques minutes, un secteur situé dans la région frontalière de Piranshahr a été touché par des frappes aériennes de l'ennemi américain », a rapporté la télévision. L'agence de presse Fars a cité un responsable local affirmant qu'un missile avait touché une zone inhabitée, sans faire de victimes. Par ailleurs, l'Iran a condamné fermement les frappes américano-saoudiennes.
Dans le détroit d'Ormuz, les Gardiens de la révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir frappé et arrêté trois pétroliers qui tentaient de franchir ce passage stratégique. Le Centcom a affirmé avoir « intercepté avec succès » des missiles iraniens lors d’une tentative d’attaque surprise contre les forces américaines, sans préciser le lieu.
Tensions régionales et réactions internationales
Le président américain Donald Trump a déclaré, selon des propos rapportés par un journaliste américain, « Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée », en référence à l'Iran après des attaques en Jordanie. Par ailleurs, l'armée israélienne a accusé le Hezbollah d'une « violation flagrante » de l'accord de cessez-le-feu, indiquant que « dans la nuit de mardi à mercredi, le Hezbollah a lancé un drone chargé d'explosifs en direction d'un véhicule du génie dans la région de la crête d'Ali al-Taher, au sein de la zone de sécurité ».
L'Irak, de son côté, s'est engagé à défendre sa souveraineté et à empêcher l'usage de son territoire pour des attaques contre les pays voisins, après que l'Arabie saoudite a été visée par des missiles en provenance d'Irak. Le conseil ministériel irakien pour la sécurité nationale a décidé « d'adopter un plan de sécurité global visant à renforcer le contrôle sur l'ensemble du territoire national, à faire face à toute violation de la souveraineté irakienne et à empêcher toute entité d'utiliser le territoire irakien pour menacer les États voisins ».
Cisjordanie : la violence des colons dénoncée par l'ONU
En Cisjordanie, la violence ne faiblit pas. Les autorités israéliennes ont annoncé l'arrestation d'un colon soupçonné d'avoir participé à une violente agression contre des Palestiniens en juin dans le village de Huwara, dans le nord de la Cisjordanie occupée, alors qu'il portait un uniforme militaire. « Le suspect vu sur les images, vêtu lors de l'agression d'un uniforme de Tsahal et qui était en fuite depuis un mois, a été arrêté », a précisé la police. Il s'agit d'un Israélien d'une vingtaine d'années, habitant dans une colonie.
Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale « ne font qu'empirer », a estimé l'ONU. Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme, a déclaré dans un communiqué : « Alors que les attaques perpétrées par des colons israéliens, ainsi que la création de colonies et d'avant-postes, atteignent des niveaux sans précédent, les États tiers doivent agir de toute urgence et de concert pour mettre un terme aux meurtres et aux expulsions dont continue d'être victime le peuple palestinien, et pour mettre fin à l'occupation israélienne. »
Ce regain de violences intervient alors que Donald Trump et Benyamin Netanyahou se sont rencontrés pour la première fois depuis le début de la guerre, qu'ils ont lancée ensemble le 28 février. Les prix du pétrole ont bondi suite à ces annonces.



