Le pétrolier russe « Tagor », soupçonné d’arborer un faux pavillon camerounais et arraisonné par la Marine nationale française le 31 mai 2026, est arrivé en baie de Douarnenez (Finistère) ce mardi 2 juin 2026, a constaté un journaliste de l’AFP. Ce navire, qui fait partie de la flotte fantôme utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales sur ses exportations de pétrole, a pénétré dans la baie vers 8 heures du matin.
Un navire sous sanctions immobilisé pour enquête
Le Tagor, sous sanctions européennes, va désormais être immobilisé et maintenu à disposition de la justice dans le cadre d’une enquête de flagrance pour défaut de pavillon et refus d’obtempérer. L’arraisonnement a eu lieu dimanche à plus de 400 milles nautiques (740 km) à l’ouest de la Bretagne. En provenance du port de Mourmansk, dans l’extrême nord-ouest de la Russie, il se dirigeait vers la ville balnéaire de Limbé au Cameroun.
Un faux pavillon camerounais suspecté
La Marine française a estimé qu’il s’agissait probablement d’un faux pavillon, et a décidé de monter à bord du navire, comme le permet la convention de Montego Bay sur le droit de la mer. Le Kremlin a dénoncé une opération « à la limite de la piraterie internationale », par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov. Le capitaine, de nationalité russe, a « refusé à de multiples reprises d’obtempérer aux consignes » des militaires français, ce qui a rendu « nécessaire » une prise de contrôle du navire, selon le procureur de Brest Stéphane Kellenberger, qui prévoit de faire un point mercredi sur la procédure judiciaire en cours.
Le président Emmanuel Macron a commenté lundi : « Il est inacceptable que des bateaux contournent les sanctions internationales, violent le droit de la mer et financent la guerre que mène la Russie contre l’Ukraine depuis plus de quatre ans », réaffirmant la détermination « constante et totale » de la France à lutter contre la flotte fantôme russe.
Cette interception est la quatrième du genre effectuée par la France, après celles du Deyna et du Grinch, arrêtés en Méditerranée respectivement en mars et janvier 2026, et celle du Boracay, arraisonné en septembre 2025 au large d’Ouessant (Finistère).



