Pétrole : le baril repasse au-dessus de 100 dollars après les attaques en mer Rouge
Pétrole : le baril repasse au-dessus de 100 dollars

Le baril de pétrole a franchi la barre symbolique des 100 dollars ce jeudi 24 juillet, pour la première fois depuis plusieurs mois, en réaction aux attaques en mer Rouge qui menacent l'approvisionnement mondial. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, a atteint 101,2 dollars en séance, en hausse de 4,2 % par rapport à la veille. Le brut américain (WTI) a également bondi, à 97,8 dollars le baril.

Des attaques qui perturbent le transport maritime

Les rebelles houthis du Yémen ont revendiqué une série d'attaques contre des navires commerciaux en mer Rouge, une voie maritime cruciale pour le transport de pétrole et de gaz. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), environ 7 % du pétrole mondial transite par cette zone. Les frappes ont endommagé deux pétroliers, dont l'un battant pavillon libérien, provoquant une interruption temporaire du trafic dans le détroit de Bab el-Mandeb.

"Ces attaques représentent une menace directe pour la sécurité énergétique mondiale", a déclaré Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE, cité par Reuters. "Nous appelons toutes les parties à la retenue et à garantir la liberté de navigation."

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Impact sur les marchés et les consommateurs

Cette flambée des prix du pétrole a des répercussions immédiates sur les marchés boursiers et les consommateurs. Les indices européens ont reculé de 1,5 % en moyenne, tandis que les valeurs pétrolières comme TotalEnergies ou Shell ont bondi de plus de 3 %. À la pompe, le prix moyen du litre de gazole en France a augmenté de 5 centimes en une semaine, atteignant 1,78 euro, selon le ministère de la Transition écologique.

Les analystes prévoient que si les tensions persistent, le baril pourrait atteindre 110 dollars dans les prochaines semaines. "Le marché est en état d'alerte maximal", estime Olivier Gantois, président de l'Union française des industries pétrolières (UFIP). "Nous n'avons pas vu de telles perturbations depuis la guerre du Golfe en 1990."

Réactions politiques et diplomatiques

Le gouvernement français a convoqué une réunion de crise ce jeudi après-midi. Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, a déclaré sur France Info : "Nous suivons la situation de très près. Nous sommes en contact avec nos alliés pour garantir la sécurité des approvisionnements." Les États-Unis ont annoncé le déploiement de navires de guerre supplémentaires dans la région pour protéger le trafic maritime.

L'OPEP+ a pour sa part affirmé qu'elle surveillait l'évolution du marché et qu'elle était prête à ajuster sa production si nécessaire. "Nous restons engagés à assurer la stabilité du marché pétrolier", a déclaré le secrétaire général de l'organisation, Haitham al-Ghais, dans un communiqué.

Conséquences pour l'économie mondiale

Cette hausse du prix du pétrole intervient dans un contexte économique déjà fragile, marqué par une inflation persistante. Selon la Banque mondiale, une augmentation durable de 10 dollars du baril pourrait réduire la croissance mondiale de 0,3 point de pourcentage. Les pays importateurs de pétrole, comme ceux d'Europe et d'Asie, sont particulièrement vulnérables.

"C'est un choc supplémentaire pour l'économie mondiale", analyse Philippe Martin, économiste à Sciences Po. "Cela va peser sur le pouvoir d'achat des consommateurs et sur la compétitivité des entreprises."

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