Guerre en Ukraine : Poutine propose Schröder comme médiateur, Berlin sceptique
Poutine propose Schröder comme médiateur en Ukraine

Poutine propose Schröder comme médiateur en Ukraine

Le président russe Vladimir Poutine a surprenamment proposé l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder comme médiateur dans le conflit qui oppose la Russie à l'Ukraine. Cette annonce, faite lors d'une conférence de presse à Moscou, a immédiatement suscité des réactions mitigées, notamment à Berlin où le gouvernement allemand se montre sceptique quant à cette initiative.

Selon des sources proches du Kremlin, Poutine aurait déclaré que Schröder, en raison de ses liens étroits avec la Russie et de son expérience politique, pourrait jouer un rôle clé pour faciliter le dialogue entre les parties belligérantes. « Gerhard Schröder connaît bien notre pays et a toujours œuvré pour la paix. Il pourrait être un intermédiaire utile », aurait affirmé le président russe.

Cette proposition intervient alors que les combats se poursuivent dans l'est de l'Ukraine, avec des pertes civiles croissantes. La communauté internationale cherche depuis des mois une issue diplomatique au conflit, mais les négociations sont au point mort. La nomination de Schröder, qui entretient des relations controversées avec Moscou depuis son départ de la chancellerie en 2005, pourrait être perçue comme une tentative de la Russie de gagner du temps ou de diviser les alliés occidentaux.

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Berlin réserve sa réponse

Du côté allemand, la réaction a été prudente. Un porte-parole du gouvernement a indiqué que Berlin prenait note de la proposition, mais restait réservé. « Nous examinons cette suggestion avec attention, mais nous devons nous assurer que toute médiation soit crédible et acceptée par toutes les parties », a-t-il déclaré. D'autres responsables, sous couvert d'anonymat, ont exprimé leur scepticisme, soulignant que Schröder n'est plus en fonction et que ses liens avec l'industrie énergétique russe pourraient compromettre son impartialité.

L'opposition allemande a été plus cinglante. « Schröder n'est pas un médiateur, mais un lobbyiste de Poutine », a tweeté un député vert. Les Verts et d'autres partis ont rappelé que l'ex-chancelier siège au conseil d'administration de Rosneft, le géant pétrolier russe, et qu'il a toujours défendu les intérêts de Moscou, même après l'annexion de la Crimée en 2014.

Une proposition qui divise

En Ukraine, la réaction a été franchement négative. Le président Volodymyr Zelensky a rejeté l'idée, qualifiant Schröder de « complice du régime russe ». « Nous n'avons pas besoin de médiateurs qui ont fait des affaires avec l'agresseur », a-t-il déclaré. Les alliés occidentaux, notamment les États-Unis et la France, ont également exprimé leur réserve, appelant à une médiation sous l'égide de l'ONU ou de l'OSCE.

Cette controverse relance le débat sur le rôle des personnalités politiques dans les conflits internationaux. Si certains voient en Schröder un possible pont entre l'Est et l'Ouest, d'autres estiment que sa proximité avec Poutine le rend inapte à une mission de paix. La balle est désormais dans le camp de Berlin, qui devra trancher entre une ouverture diplomatique risquée et le maintien d'une ligne ferme face à Moscou.

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