Poutine intensifierait la guerre face à l'impasse en Ukraine
Poutine intensifierait la guerre face à l'impasse

Vladimir Poutine, confronté à l'impasse en Ukraine, envisagerait d'intensifier le conflit. Selon des sources proches du Kremlin citées par The Economist, le président russe pourrait envoyer 300 000 à 400 000 hommes supplémentaires au front et préparer des frappes massives contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, tandis que sa popularité décline.

Une escalade imminente selon les sources du Kremlin

Le 22 août, lors d'une prise de parole officielle, Vladimir Poutine a réagi aux attaques de drones ukrainiennes contre les raffineries de pétrole et les centres logistiques russes. Il a accusé l'Ukraine d'avoir ouvert une "boîte de Pandore" et promis des représailles contre "les secteurs les plus sensibles" de son économie. Le même jour, s'adressant à son parti Russie unie, il a écarté toute possibilité d'arrêt de la guerre : "L'opération militaire spéciale continue. Nous irons de l'avant."

Après plusieurs semaines de réflexion durant l'été, Poutine semblerait avoir décidé d'intensifier le conflit, rapportent des sources proches du Kremlin. L'un de ses associés de longue date estime que le président russe aurait interprété la visite du directeur de la CIA, John Ratcliffe, comme un signe de faiblesse américaine. Il aurait déjà interprété de la même manière la visite de Bill Burns, alors directeur de la CIA, en novembre 2021, qui l'avait mis en garde contre une invasion de l'Ukraine. Trois mois plus tard, le 24 février 2022, Poutine lançait son offensive.

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Les inquiétudes des pays de l'Otan

Les réactions récentes des membres de l'Otan témoignent de leurs craintes face à une escalade. Le 4 août, l'aéroport allemand de Leipzig-Halle a été la cible d'une tentative d'attaque par drone, que Berlin s'apprêterait à attribuer à la Russie. Le 20 août, la Roumanie a affirmé qu'une de ses plateformes de forage avait été visée par un drone naval, détruit par ses forces. Le 25 août, la Slovaquie a annoncé avoir déjoué une tentative d'incendie criminel visant une usine de drones.

Ce même 25 août, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu discrètement à Moscou. Le motif de cette visite n'a pas été rendu public. Selon The Economist, il aurait pu tenter de persuader Poutine de négocier un accord de paix ou de le mettre en garde contre une attaque visant un pays de l'Otan. Le 28 août, la Finlande a demandé l'appui de la Suède, qui prévoit de déployer des avions de chasse Gripen et un navire de guerre pour renforcer la surveillance de la frontière avec la Russie.

Une popularité en baisse et des élites inquiètes

Selon le Centre Levada, institut de sondage indépendant, 57 % des Russes décrivent la situation actuelle comme "tendue", évoquant la guerre, son bilan, la mobilisation militaire, les attaques de drones et l'incertitude face à l'avenir. La confiance dans la propagande télévisuelle diminue et des jeunes appellent à mettre fin à la guerre sur les réseaux sociaux. La cote de popularité de Poutine est également en baisse, selon The Economist.

La défiance pourrait aussi venir des élites. Selon un initié, Poutine ne pourrait pas, après cinq ans, cesser la guerre sans avoir accompli l'objectif principal – conquérir le Donbass oriental – ou en avouant son échec, ce qui serait inenvisageable pour son régime autoritaire. Le chef du Kremlin aurait confié avoir peur pour sa vie : "Ils vont me pendre", aurait-il dit à des proches, rapporte une source interne citée par The Economist.

Des préparatifs concrets d'intensification

L'Ukraine serait la première cible de cette intensification. Le 30 août, le ministère russe de la Défense a déclaré préparer une frappe massive contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Sur le terrain, Poutine serait déterminé à envoyer 300 000 à 400 000 hommes supplémentaires, avec des méthodes de recrutement potentiellement coercitives. À Penza, à 750 kilomètres au sud-est de Moscou, les autorités testeraient ce nouveau système.

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Face à l'Otan, la Russie pourrait intensifier ses opérations de sabotage contre les alliés de l'Ukraine et cibler les voies d'approvisionnement reliant l'Europe à l'Ukraine. Les services de renseignement occidentaux craignent des attaques contre des usines européennes produisant du matériel pour l'effort de guerre ukrainien, mais estiment que Poutine ne souhaite pas de confrontation militaire directe avec l'Otan. La chercheuse Vera Grantseva, dans un entretien à L'Express, affirmait que le risque d'une fuite en avant du conflit était bien réel, et les préparatifs russes semblent confirmer cette analyse.