Pegasus : entre Rabat et Tel Aviv, une histoire de barbouzeries
Pegasus : Rabat-Tel Aviv, une histoire de barbouzeries

L'affaire Pegasus, qui a éclaté en juillet 2021, a mis en lumière les relations complexes et souvent opaques entre le Maroc et Israël dans le domaine du renseignement et de la cybersurveillance. Selon une enquête du consortium Forbidden Stories, le logiciel espion Pegasus, développé par la société israélienne NSO Group, a été utilisé pour cibler des personnalités marocaines, dont des journalistes, des militants des droits de l'homme et des responsables politiques.

Une coopération de longue date

Les liens entre Rabat et Tel Aviv dans le domaine de la sécurité ne datent pas d'hier. Depuis les années 1960, les deux pays entretiennent une relation discrète mais solide, fondée sur des intérêts communs en matière de renseignement et de lutte contre le terrorisme. Le Maroc, qui n'a pas de relations diplomatiques officielles avec Israël jusqu'en 2020, a longtemps été un médiateur dans le conflit israélo-palestinien, mais aussi un partenaire discret de l'État hébreu.

Le rôle de NSO Group

NSO Group, entreprise israélienne spécialisée dans les logiciels de surveillance, est au cœur du scandale. Son produit phare, Pegasus, permet d'infecter à distance les téléphones portables et d'en extraire toutes les données. Selon les révélations, le Maroc figurerait parmi les clients de NSO, ayant acquis le logiciel pour surveiller des opposants et des journalistes. Le gouvernement marocain a fermement démenti ces accusations, affirmant ne pas avoir utilisé Pegasus à des fins de surveillance interne.

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Des révélations explosives

L'enquête de Forbidden Stories, menée avec 17 médias partenaires, a identifié plus de 50 000 numéros de téléphone ciblés par Pegasus à travers le monde. Parmi eux, des numéros appartenant à des figures marocaines comme le journaliste Omar Radi, le militant des droits de l'homme Maâti Monjib et le responsable politique Nasser Zefzafi. Ces révélations ont provoqué une onde de choc au Maroc et relancé le débat sur la surveillance de masse et les libertés publiques.

Les conséquences diplomatiques

L'affaire Pegasus a également des répercussions diplomatiques. Alors que le Maroc et Israël ont normalisé leurs relations en 2020 dans le cadre des accords d'Abraham, le scandale pourrait ternir cette renaissance diplomatique. Des voix s'élèvent pour demander des comptes à NSO Group et à ses clients, tandis que des organisations de défense des droits de l'homme appellent à un encadrement strict de ces technologies de surveillance.

Un précédent historique

L'histoire des relations entre Rabat et Tel Aviv est jalonnée d'épisodes de coopération secrète. Dans les années 1960, le Mossad a formé les services de renseignement marocains, et les deux pays ont collaboré sur des opérations de renseignement et de contre-espionnage. Plus récemment, en 2019, le Maroc a été accusé d'utiliser des technologies israéliennes pour espionner des diplomates et des journalistes. L'affaire Pegasus s'inscrit donc dans une longue tradition de « barbouzeries » entre les deux pays.

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