Le chef des droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk, a réclamé ce vendredi la protection et l'évacuation des 6 000 marins toujours bloqués dans le détroit d'Ormuz à bord de navires qui ne peuvent quitter le golfe en toute sécurité. « Le Haut-Commissaire appelle les États, les armateurs et tous les acteurs concernés à assurer de toute urgence la protection des gens de mer bloqués, notamment en garantissant un accès effectif à l'assistance consulaire, aux fournitures et services essentiels, ainsi qu'en facilitant les évacuations et les rapatriements », a déclaré devant la presse à Genève le porte-parole du Haut-Commissariat Shabia Mantoo.
La situation des marins bloqués
Téhéran menace les navires contournant le seul itinéraire qu'il a autorisé le long de ses côtes, et exclut, en dépit de l'opposition des États-Unis, tout retour à la situation d'avant-guerre, quand ce passage était gratuit. Selon l'Organisation maritime internationale (OMI) de l'ONU, au moins 6 000 marins, à bord d'environ 400 navires, demeurent bloqués dans le détroit, n'ayant pas pu être évacués pendant le cessez-le-feu dans le cadre d'un plan d'évacuation qui devait faire sortir quelque 11 000 marins bloqués dans le Golfe.
Les Gardiens de la Révolution revendiquent la destruction d'un centre de données Amazon à Bahreïn
Les Gardiens de la Révolution, puissante force armée de la République islamique d'Iran, ont affirmé ce vendredi avoir détruit à Bahreïn un centre de données du géant Amazon, lors de frappes de représailles aux bombardements américains. Ni le groupe Amazon, géant du e-commerce, ni les autorités de Bahreïn n'ont commenté à ce stade. L'Iran dit considérer comme cible légitime toute installation au Moyen-Orient mise à disposition de l'armée américaine pour frapper son territoire. Mercredi lors de précédentes frappes sur Bahreïn, les forces iraniennes avaient déjà revendiqué une attaque contre un centre Amazon, qui n'a pas non plus été confirmée.
Explosions près de l'aéroport d'Erbil et frappes américaines dans le nord de l'Iran
Plusieurs détonations ont retenti vendredi près de l'aéroport d'Erbil, au Kurdistan irakien. Depuis la reprise le 7 juillet des hostilités au Moyen-Orient, des drones ont déjà été interceptés à plusieurs reprises au-dessus d'Erbil, qui accueille des troupes américaines ainsi que le consulat des États-Unis. Les autorités de cette région autonome accusent l'Iran d'être derrière ces attaques. Par ailleurs, des frappes américaines ont visé ce vendredi le quartier général de la marine des Gardiens de la Révolution dans le nord de l'Iran, sans faire de victimes, selon les autorités locales citées par l'agence de presse Irna.
Menaces iraniennes de rétorsion
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a déclaré ce vendredi, après une nouvelle nuit de bombardements américains, que tout pays « participant, coopérant ou aidant » les États-Unis serait tenu pour responsable par Téhéran. « Toute participation, coopération ou assistance à la commission d'une agression contre l'Iran engagera la responsabilité internationale des parties concernées », a-t-il déclaré, ajoutant que l'Iran « se réservait le droit de prendre toutes les mesures nécessaires dans le cadre de la légitime défense », lors d'un discours au Kirghizistan à l'occasion d'une réunion de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).
Nouvelles frappes américaines et victimes iraniennes
Dans la nuit de jeudi à ce vendredi, l'armée américaine a lancé une nouvelle série de frappes contre des cibles militaires en Iran. « Il s'agit de la 13e nuit consécutive de frappes visant à faire rendre des comptes à l'Iran et à réduire les menaces que fait peser le Corps des Gardiens de la révolution islamique sur la marine marchande », a détaillé le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient sur X. Les autorités iraniennes ont fait état vendredi de la mort de quatre personnes lors de frappes américaines ayant visé le sud-ouest de l'Iran, dans les environs de la ville pétrolifère d'Ahvaz. « Quatre de nos compatriotes sont tombés en martyrs et cinq autres ont été blessés à la suite d'une attaque de missile menée par l'ennemi terroriste américain », a déclaré un responsable provincial, Valiollah Hayati, cité par l'agence de presse gouvernementale Irna.
Colère de Téhéran concernant les fonds gelés
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a estimé ce vendredi sur X que la volonté de Donald Trump d'utiliser des fonds iraniens gelés pour rembourser les dégâts sur les navires touchés dans le Golfe crée un « précédent incendiaire ». Une explosion a également été entendue ce vendredi matin à Bahreïn, après le déclenchement des sirènes d'alerte aérienne, alors que le royaume est quasi quotidiennement ciblé par l'Iran depuis la reprise des hostilités au Moyen-Orient. « Les sirènes ont retenti. Les citoyens et les habitants sont invités à garder leur calme et à se rendre dans le lieu sûr le plus proche », a écrit le ministère de l'Intérieur sur X.
Contexte régional et impact sur le pétrole
Les armes continuent de parler dans la région et les cours du pétrole s'en ressentent. Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures puisque le stratégique détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran et que les Houthis yéménites ont annoncé un blocus des navires d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut. La situation au Moyen-Orient est « hors de contrôle » et « au bord de l'inimaginable », s'est alarmé le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, lors d'une réunion du Conseil de sécurité.



