Les stocks de missiles des États-Unis s'amenuisent à un rythme préoccupant dans le cadre de leur engagement militaire contre l'Iran, révèlent des documents internes du Pentagone consultés par Le Point. Selon ces sources, les réserves de certains types de missiles pourraient être épuisées en quelques mois si le rythme actuel des tirs se maintient.
Une consommation bien plus rapide que prévu
Depuis le début des frappes contre les positions iraniennes, l'armée américaine a utilisé près de 40 % de ses stocks de missiles de croisière Tomahawk, un chiffre bien supérieur aux projections initiales. Un haut responsable du département de la Défense, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a déclaré : « Nous n'avions pas anticipé une telle intensité ni une telle durée. La chaîne d'approvisionnement est sous tension. »
Des conséquences sur la stratégie militaire
Cette situation contraint les planificateurs militaires à revoir leurs priorités. Des opérations pourraient être retardées ou réduites pour préserver les stocks. Par ailleurs, le renouvellement des munitions prend du temps : la production de missiles de précision ne peut être accélérée du jour au lendemain, les chaînes de fabrication étant déjà saturées par la demande ukrainienne et israélienne.
Un problème politique et budgétaire
Au Congrès, des voix s'élèvent pour demander des comptes. Le sénateur Jack Reed, président de la commission des forces armées, a estimé que « l'administration doit être transparente sur l'état réel de nos arsenaux et sur les coûts futurs ». Selon le budget 2025, le Pentagone a déjà demandé 15 milliards de dollars supplémentaires pour la reconstruction des stocks, une somme qui pourrait être insuffisante.
En parallèle, les alliés américains s'inquiètent. Plusieurs pays européens dépendent de la protection militaire américaine au Moyen-Orient et redoutent un affaiblissement de la capacité de dissuasion. Un diplomate européen a confié : « Si les États-Unis ne peuvent plus soutenir un conflit prolongé, la stabilité régionale est en jeu. »
Des solutions alternatives à l'étude
Face à cette crise, le Pentagone explore des options comme le recours accru aux bombardements aériens classiques (bombes non guidées) ou le déploiement de systèmes d'armes à énergie dirigée. Mais ces alternatives ont leurs limites : précision moindre, risques de dommages collatéraux, ou technologie encore immature. Selon une étude interne, le passage aux bombes non guidées augmenterait de 30 % le nombre de sorties nécessaires pour atteindre les mêmes objectifs.
Le conflit avec l'Iran n'étant pas terminé, la question de la soutenabilité des stocks devient un enjeu stratégique majeur pour Washington.



