Mexique : vague de terreur après la mort d'El Mencho, chef du cartel Jalisco Nueva Generación
Mexique : terreur après la mort du chef du cartel Jalisco

Mexique plongé dans la terreur après l'élimination du baron de la drogue El Mencho

Le Mexique est à nouveau secoué par une vague de violence sans précédent depuis dimanche, suite à la mort de Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », chef du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG). Tué lors d'une opération militaire dans l'État de Jalisco, dans l'ouest du pays, sa disparition a déclenché une réaction violente de son organisation criminelle.

Une flambée de violence meurtrière

En représailles à la mort de leur leader, les membres du plus puissant cartel du Mexique ont lancé une offensive terroriste dans de nombreux États. Les attaques ont fait au moins 25 membres de la garde nationale, un agent de sécurité et un fonctionnaire du parquet parmi les victimes. Un important dispositif militaire a été déployé dans l'État de Jalisco, où les commerces et les écoles sont restés fermés ce lundi par mesure de sécurité.

La peur s'est rapidement propagée aux États voisins, avec des routes bloquées, des véhicules incendiés et des vols annulés. Cette escalade de violence rappelle les pires moments de la guerre contre le narcotrafic au Mexique.

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Qui était El Mencho, le baron le plus recherché ?

Né en 1966 dans le Michoacán, Nemesio Oseguera Cervantes a commencé sa carrière criminelle très jeune. Après avoir fait ses armes en Californie, où il a été expulsé pour trafic de stupéfiants, il est retourné au Mexique et a intégré une organisation criminelle locale dépendante du cartel de Sinaloa.

« Il s'en est détaché progressivement pour créer à la fin des années 2000 les 'Matas Zetas', rapidement rebaptisé cartel Jalisco Nueva Generación », explique Maya Collombon, maîtresse de conférences à Sciences Po Lyon et spécialiste du Mexique.

Le CJNG : une puissance criminelle sans équivalent

Le cartel Jalisco Nueva Generación est aujourd'hui considéré comme l'organisation criminelle la plus puissante du Mexique, ayant dépassé le cartel de Sinaloa après la chute d'El Chapo en 2016. Implanté sur l'ensemble des 32 États du pays, il opère également à l'international avec des réseaux en Amérique centrale, en Europe et en Asie.

Sa puissance repose sur plusieurs piliers :

  • Un nombre considérable d'hommes armés, faisant des cartels de Jalisco et de Sinaloa le deuxième employeur du pays après l'État
  • Une puissance financière colossale, comparée par certains experts à celle d'une entreprise de la taille de Google
  • Une diversification des activités criminelles allant du trafic de fentanyl à la traite d'êtres humains

Une violence extrême comme outil d'expansion

Le cœur d'activité du CJNG reste le trafic de fentanyl et de méthamphétamine, produits dans des milliers de laboratoires clandestins au Mexique. Mais l'organisation a élargi ses activités à l'extorsion dans les zones touristiques, au contrôle d'une partie de la production d'avocats et à des investissements dans l'économie touristique pour blanchir l'argent.

« La violence extrême de ses membres a été l'un des outils de son expansion », souligne Maya Collombon, précisant que cette vague de terreur actuelle dépasse en ampleur les violences observées après l'arrestation d'El Chapo.

Enjeux de pouvoir et démonstration de force

La flambée de violence qui secoue l'ouest du pays s'explique par plusieurs facteurs :

  1. Une démonstration de puissance du cartel en réaction à la répression des autorités
  2. Des luttes internes pour le leadership maintenant que les principales têtes ont été éliminées
  3. Un message adressé à l'État mexicain quant au pouvoir de nuisance de l'organisation

Une victoire stratégique pour la présidente Sheinbaum

L'élimination d'El Mencho représente une victoire significative pour la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, qui répondait ainsi à la pression extrême exercée par les États-Unis, notamment par Donald Trump, dans la lutte contre le trafic de drogue.

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« La présidente mexicaine avait une réponse claire : poursuivre les narcotrafiquants sans que les États-Unis ne touchent à la souveraineté du pays. C'est ce qu'elle vient de réussir », analyse la spécialiste, tout en reconnaissant que l'opération s'est faite sous la pression américaine.

Cette réussite militaire s'accompagne cependant d'un lourd tribut, avec des violences qui risquent de persister alors que différents groupes locaux du cartel se disputent le pouvoir. La situation reste extrêmement tendue dans plusieurs régions du Mexique, où la population vit dans la crainte de nouvelles représailles.