L'ancien président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a suscité la controverse en refusant de s'excuser pour des propos jugés racistes envers les Marocains, tenus lors d'une interview. Il a plaidé l'humour et la maladresse, mais ses déclarations ont provoqué une vive réaction au Maroc et en Espagne.
Des propos jugés racistes
Dans une interview accordée à la chaîne de télévision espagnole Telecinco le 14 juillet 2025, Mariano Rajoy a déclaré, en parlant de la Coupe du monde de football 2030 qui se déroulera en partie au Maroc : « Les Marocains ne sont pas préparés à organiser un événement de cette envergure. Ils ont encore des habitudes de chameaux. » Ces mots ont immédiatement été perçus comme racistes et dégradants par de nombreux observateurs et responsables politiques.
Interrogé sur ses propos le lendemain, Rajoy a affirmé qu'il s'agissait d'une plaisanterie et a refusé de présenter des excuses. « C'était une blague, de l'humour. Je n'ai rien à me reprocher, et je ne vais pas m'excuser pour une plaisanterie », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Madrid.
Réactions indignées
Les propos de Rajoy ont provoqué une vague d'indignation. Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a convoqué l'ambassadrice d'Espagne à Rabat pour exprimer sa « ferme condamnation » de ces déclarations. Dans un communiqué, le ministère a dénoncé des « propos racistes et xénophobes indignes d'un ancien chef de gouvernement ».
En Espagne, plusieurs partis politiques, dont le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et Unidas Podemos, ont demandé des excuses publiques. La porte-parole du gouvernement, Pilar Alegría, a qualifié les propos de « totalement inacceptables » et a rappelé que « le racisme n'a pas sa place dans une société démocratique ».
Selon un sondage réalisé par le Centre d'études sociologiques espagnol (CIS) en juin 2025, 78 % des Espagnols considèrent que le racisme est un problème « important » ou « très important » dans le pays. Cet incident relance le débat sur les préjugés persistants envers les Marocains, qui constituent la première communauté étrangère en Espagne avec plus de 900 000 résidents.
Un précédent
Ce n'est pas la première fois que Mariano Rajoy est accusé de propos racistes. En 2016, alors qu'il était président du gouvernement, il avait déclaré que « les Roms doivent changer leur mode de vie » pour s'intégrer, provoquant alors une polémique. Il s'était excusé par la suite, mais cette nouvelle affaire montre une récurrence dans ses déclarations.
La Coupe du monde 2030, qui sera organisée conjointement par le Maroc, l'Espagne et le Portugal, est au cœur des tensions. Le Maroc a investi massivement dans les infrastructures sportives et touristiques, avec un budget de 25 milliards de dollars, selon des chiffres officiels. Les propos de Rajoy remettent en cause la crédibilité du pays hôte, mais les autorités marocaines ont réaffirmé leur détermination à organiser un « événement exemplaire ».
L'absence d'excuses
En refusant de s'excuser, Mariano Rajoy prend le risque d'envenimer les relations bilatérales. L'Espagne et le Maroc entretiennent des liens économiques et diplomatiques étroits, mais aussi parfois tendus, notamment sur les questions migratoires et de souveraineté territoriale. Le Maroc a rappelé son ambassadeur à Madrid pour consultations, une décision rare qui témoigne de la gravité de l'incident.
L'ancien chef du gouvernement espagnol a tenté de minimiser l'affaire en déclarant : « Les Marocains savent que je les apprécie. C'était une plaisanterie entre amis, et ceux qui veulent y voir du racisme cherchent à polémiquer. » Mais ses explications n'ont pas convaincu, et l'Association des Marocains en Espagne a annoncé son intention de porter plainte pour incitation à la haine raciale.



