Mali : l'ex-premier ministre Moussa Mara condamné en appel à deux ans de prison
Mali : Moussa Mara condamné en appel à deux ans de prison

Mali : l'ex-premier ministre Moussa Mara condamné en appel à deux ans de prison

L'ancien chef du gouvernement malien, Moussa Mara, a été condamné en appel, lundi 9 février à Bamako, à deux ans de prison dont un ferme, ainsi qu'à une amende de 500 000 francs CFA (762 euros). Cette peine a été prononcée pour « atteinte au crédit de l'État et opposition à l'autorité légitime », après qu'il a apporté son soutien sur les réseaux sociaux à des prisonniers politiques.

Une condamnation confirmée en appel

La cour d'appel de Bamako a ainsi confirmé sa condamnation en première instance, datant du 27 octobre, par le pôle judiciaire spécialisé dans la lutte contre la cybercriminalité. « Nous n'allons pas baisser les bras », a réagi Mountaga Tall, avocat de Moussa Mara, auprès de l'Agence France-Presse (AFP). Il a ajouté : « Nous allons nous concerter et nous pourvoir en cassation. »

Arrestation et contexte politique

Moussa Mara, qui fut premier ministre du Mali pendant huit mois en 2014-2015, a été arrêté et écroué le 1er août 2025. Cela fait suite à ses déclarations sur les réseaux sociaux, où il a affirmé avoir rendu visite à des « détenus d'opinion », leur promettant qu'un jour ils obtiendraient justice.

Dans un communiqué publié lundi, l'ONG Amnesty International s'est dite « profondément préoccupée par le maintien de ces accusations fallacieuses et motivées par des considérations politiques ». Marceau Sivieude, directeur régional d'Amnesty pour l'Afrique de l'Ouest, a déclaré : « Nous appelons les autorités à annuler cette condamnation et cette peine sans fondement et à libérer immédiatement Moussa Mara. »

Mesures répressives de la junte

Le Mali est dirigé par une junte depuis deux coups d'État, en 2020 et 2021. Les militaires ont pris des mesures répressives contre la presse et les voix critiques, notamment :

  • Dissolution des partis politiques
  • Dissolution d'organisations à caractère politique
  • Restrictions sur la liberté d'expression

Depuis 2012, ce pays sahélien fait face à une profonde crise sécuritaire, alimentée par les violences de groupes affiliés à Al-Qaida et à l'organisation État islamique (EI), ainsi que par des groupes criminels communautaires. Cette crise sécuritaire s'ajoute à une grave crise économique.

Promesses non tenues et consolidation du pouvoir

La junte, dirigée par le général Assimi Goïta, s'était engagée à remettre le pouvoir aux civils au plus tard en mars 2024, mais a depuis manqué à cette promesse. En juillet 2025, le régime militaire a accordé à M. Goïta un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable « autant de fois que nécessaire » et sans élection, consolidant ainsi son autorité dans un contexte de tensions politiques croissantes.