Au moins 15 personnes ont été tuées, dont des civils, dans des frappes israéliennes menées lundi dans le sud du Liban, ont annoncé les autorités libanaises. Ces frappes, les plus meurtrières depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu en novembre, fragilisent un peu plus l'accord conclu sous l'égide des États-Unis et de la France.
Des frappes meurtrières dans le sud du Liban
Selon le ministère libanais de la Santé, les frappes ont visé plusieurs localités de la région de Nabatiyé, faisant au moins 12 morts et 25 blessés. Des sources locales ont fait état de destructions importantes, notamment dans des quartiers résidentiels. L'armée israélienne a affirmé avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah, en réponse à des tirs de roquettes sur le nord d'Israël la veille.
Le Premier ministre libanais sortant, Najib Mikati, a dénoncé une « agression flagrante » et appelé la communauté internationale à intervenir pour faire respecter la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a établi le cessez-le-feu. De son côté, le Hezbollah a promis de riposter, mais sans préciser de calendrier.
Un cessez-le-feu de plus en plus fragile
Depuis l'entrée en vigueur de la trêve, le 27 novembre, les violations ont été fréquentes, mais rarement aussi meurtrières. Selon un décompte de l'Agence France-Presse, plus de 40 personnes ont été tuées au Liban dans des frappes israéliennes, en dépit de l'accord. Les Casques bleus de la FINUL ont signalé une augmentation des tensions dans la zone frontalière.
Les États-Unis et la France, médiateurs de l'accord, ont appelé à la retenue. Dans un communiqué, le département d'État américain a demandé « à toutes les parties de respecter scrupuleusement leurs engagements » et a annoncé l'envoi d'un émissaire à Beyrouth pour tenter de désamorcer la crise.
Un impact humanitaire et politique
Ces frappes surviennent alors que le Liban traverse une grave crise économique et politique, avec un Parlement qui n'est toujours pas parvenu à élire un président. La communauté internationale craint une escalade qui pourrait déstabiliser davantage la région, déjà marquée par la guerre à Gaza.
Pour l'instant, le cessez-le-feu tient officiellement, mais les observateurs notent que sa viabilité est plus que jamais en question. Les prochaines heures seront décisives pour éviter un retour à un conflit ouvert.



