Kim Jong-un ouvre une porte aux États-Unis mais rejette Séoul après le congrès nord-coréen
Kim Jong-un ouvre aux USA mais ferme à Séoul après congrès

Kim Jong-un esquisse une ouverture conditionnelle vers Washington tout en durcissant le ton avec Séoul

À l'issue du 9e Congrès du Parti des travailleurs de Corée, clôturé mercredi 25 février 2026 par une imposante parade militaire à Pyongyang, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a dévoilé une position diplomatique contrastée. Selon l'agence officielle KCNA, il a déclaré jeudi 26 février que son pays pourrait « bien s'entendre » avec les États-Unis sous certaines conditions, tout en rejetant catégoriquement les avances de dialogue de la Corée du Sud.

Une ouverture conditionnelle envers Washington

Kim Jong-un a posé des conditions précises pour un éventuel rapprochement avec Washington. « Si les États-Unis respectent le statut actuel de notre pays en tant que puissance nucléaire, tel que stipulé dans notre Constitution, et abandonnent leur politique hostile, il n'y a aucune raison pour que nous ne puissions pas bien nous entendre », a-t-il affirmé. Cette déclaration marque un contraste notable avec son discours lors du précédent congrès en 2021, où il avait désigné les États-Unis comme le « plus grand ennemi » de la Corée du Nord.

Cette ouverture coïncide avec les récentes déclarations conciliantes du président américain Donald Trump, qui s'est dit « ouvert à 100 % » à une rencontre avec Kim Jong-un lors d'une tournée en Asie l'année dernière. Trump a même reconnu que la Corée du Nord était « en quelque sorte une puissance nucléaire », s'écartant ainsi de décennies de politique américaine. Les spéculations s'intensifient désormais sur une possible rencontre entre les deux dirigeants en marge de la visite prévue de Trump en Chine en avril 2026.

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Il est important de rappeler que lors de son premier mandat, Donald Trump et Kim Jong-un se sont rencontrés à trois reprises pour tenter de parvenir à un accord de dénucléarisation, sans succès concret.

Un rejet ferme envers Séoul

Parallèlement à cette ouverture vers Washington, Kim Jong-un a adopté un ton particulièrement dur envers la Corée du Sud, qu'il a qualifiée d'ennemi « le plus hostile ». Il a annoncé que Pyongyang cesserait « à jamais » de considérer les Sud-Coréens comme des « compatriotes », qualifiant les récentes initiatives conciliantes de Séoul de « trompeuses ».

Cette position ferme intervient malgré les efforts du président sud-coréen Lee Jae-myung, qui œuvre depuis son investiture en juin 2025 à la reprise du dialogue bilatéral, sans obtenir de réponse positive du Nord. Les tensions se sont encore accentuées le mois dernier lorsque Pyongyang a annoncé avoir abattu un drone venu du Sud près de la ville de Kaesong, à quelques kilomètres de la frontière ultra-militarisée. Lee Jae-myung avait condamné ce survol, soulignant que de telles actions pouvaient déclencher un conflit entre les deux États, qui n'ont jamais signé de traité de paix officiel depuis la guerre de 1950-1953.

Pyongyang a modifié sa constitution en 2024 pour définir la Corée du Sud comme un « État hostile » pour la première fois, consolidant ainsi cette nouvelle ligne politique.

Le contexte des sanctions internationales

La Corée du Nord, dotée de l'arme nucléaire, reste soumise à plusieurs séries de sanctions internationales en raison de ses programmes d'armement. Selon des estimations de la présidence sud-coréenne en janvier 2026, Pyongyang produit suffisamment de matière nucléaire chaque année pour assembler jusqu'à 20 armes atomiques.

Cependant, des évolutions pourraient être en cours. Des sources diplomatiques sud-coréennes ont affirmé à l'Agence France-Presse en janvier que le Comité des sanctions contre la Corée du Nord du Conseil de sécurité des Nations unies s'apprêtait à accorder une exemption de sanctions pour des projets d'aide humanitaire dans le pays. Selon des analystes, cette initiative pourrait permettre à Washington et Séoul de supprimer l'alibi invoqué par Pyongyang pour refuser jusqu'ici le dialogue.

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Renforcement interne du régime

Le 9e congrès du Parti des travailleurs, qui s'est tenu du 19 au 25 février 2026, constitue l'événement politique le plus important en Corée du Nord, destiné à renforcer l'autorité du régime. Kim Jong-un a été reconduit à l'unanimité au poste suprême de secrétaire général du Parti, qui dirige le pays communiste depuis les années 1940. Ce congrès quinquennal a servi de plateforme pour définir les objectifs stratégiques du pays, notamment en matière nucléaire, tout en consolidant le pouvoir du dirigeant.

La parade militaire qui a clôturé l'événement a démontré la capacité de Pyongyang à projeter sa force, dans un contexte régional de tensions persistantes mais aussi d'ouvertures diplomatiques potentielles.