Dans un geste diplomatique sans précédent, Israël a officiellement accusé la Turquie de perpétrer un génocide contre le peuple arménien. Cette déclaration, faite par le ministre israélien des Affaires étrangères, intervient dans un contexte de relations déjà tendues entre les deux pays.
Une accusation inattendue
Le 5 juin 2023, le ministre israélien des Affaires étrangères, Eli Cohen, a déclaré que la Turquie était responsable d'actes de génocide envers les Arméniens. Cette prise de position marque un revirement majeur dans la politique étrangère israélienne, qui avait jusqu'alors évité de se prononcer sur ce sujet sensible. Selon des sources diplomatiques, cette décision vise à faire pression sur Ankara dans le cadre de différends régionaux.
Réactions internationales
La Turquie a immédiatement rejeté ces accusations, les qualifiant de « calomnies infondées » et de « tentative de détourner l'attention des violations israéliennes des droits de l'homme ». Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé de rompre les relations diplomatiques avec Israël si les accusations n'étaient pas retirées. De son côté, l'Arménie a salué la déclaration israélienne, y voyant une reconnaissance tardive mais importante.
Un contexte géopolitique complexe
Cette accusation intervient alors que les relations entre Israël et la Turquie étaient déjà fragiles. En 2010, l'incident du Mavi Marmara avait provoqué une grave crise diplomatique. Depuis, les deux pays ont tenté de normaliser leurs relations, mais les divergences sur la question palestinienne et les intérêts en Méditerranée orientale restent des points de friction majeurs.
Selon des analystes politiques, cette décision israélienne pourrait également être liée à la volonté de renforcer les liens avec les communautés arméniennes influentes aux États-Unis et en Europe. Israël chercherait ainsi à obtenir un soutien diplomatique accru dans les instances internationales.
Conséquences économiques et diplomatiques
Les conséquences de cette accusation ne se sont pas fait attendre. La Turquie a rappelé son ambassadeur à Tel Aviv pour consultations et a annoncé l'annulation de plusieurs contrats commerciaux avec des entreprises israéliennes. Selon des données économiques, les échanges bilatéraux entre les deux pays s'élevaient à environ 5 milliards de dollars en 2022. Cette rupture pourrait avoir un impact significatif sur les économies des deux nations.
Israël, de son côté, a renforcé sa présence diplomatique en Arménie et a promis une aide humanitaire aux descendants des victimes du génocide arménien. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que son pays ne resterait pas silencieux face aux « crimes contre l'humanité ».



