L’escalade guerrière entre Téhéran et Washington ne retombe pas. L’Iran a mené mercredi une riposte d’envergure au Moyen-Orient et juré de « briser » l’ennemi américain après une nuit de bombardements meurtriers sur son sol. Ces frappes ont fait 19 morts, dont sept membres des forces armées, mais aussi des civils. Les hostilités avaient repris dimanche, mettant fin à un mois d’accalmie, dans un scénario qui se répète depuis le début de la guerre déclenchée fin février et toujours sans issue diplomatique.
Nouvelles menaces de Donald Trump
« Hier soir, nous avons détruit bien plus que leur radar. L’attaque a été très violente, et nous sommes prêts à en lancer une autre à tout moment », a averti mercredi Donald Trump. En représailles, les forces armées iraniennes ont revendiqué des frappes tous azimuts contre des alliés des États-Unis dans la région – Jordanie, Koweït, Bahreïn, Irak, Émirats arabes unis. Conséquence : les cours du pétrole ont de nouveau bondi, le Brent repassant le seuil des 90 dollars.
« Les forces américaines ont frappé des cibles du Corps des Gardiens de la révolution », la puissante armée idéologique de Téhéran, a annoncé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM). Les médias d’État iraniens ont donné un bilan d’au moins 11 morts : quatre au cours d’un mariage dans le district de Sirik (sud-est), où près de 70 personnes ont été blessées, et sept dans la région du Khouzestan (ouest). Les Gardiens ont aussi annoncé quatre morts dans leurs rangs, ainsi que quatre dans la branche paramilitaire du Bassidj.
Réactions officielles et accusations
Le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, a qualifié les États-Unis de « Satan » après l’attaque du mariage, rappelant aussi le bombardement d’une école de Minab qui a tué 155 personnes, dont 120 enfants, aux premières heures de la guerre. L’armée américaine n’a pas réagi à la frappe ayant touché le mariage, mais affirmé « ne jamais prendre pour cible des civils, contrairement aux Gardiens ». Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a pour sa part fustigé un « crime de guerre ».
Le détroit d’Ormuz bientôt « détroit Trump » ?
L’Iran a surtout prévenu les États-Unis qu’ils devaient désormais s’attendre à une « nouvelle stratégie » destinée à « briser les fondements » de l’ennemi, sans en détailler les contours. Il a aussi adressé une nouvelle mise en garde à « tout pays coopérant avec l’armée américaine agressive ».
Et dans le détroit d’Ormuz, que le président américain a suggéré de rebaptiser « détroit Trump », deux pétroliers ont pris feu après avoir heurté des mines, selon Téhéran. Stratégique pour le transport d’hydrocarbures, cette voie est verrouillée par l’Iran depuis le début de la guerre. Les États-Unis ont en retour imposé un blocus aux ports iraniens et, récemment, un nouveau train de sanctions secondaires contre les partenaires commerciaux de Téhéran.



