Iran : les étudiants maintiennent la pression sur le régime
Un mois après les violentes manifestations qui ont coûté la vie à plus de 7 000 personnes selon les ONG (3 000 selon le bilan officiel), les étudiants iraniens descendent dans la rue pour la quatrième journée consécutive, ce mardi 24 février. Depuis samedi, jour de la rentrée universitaire, plusieurs établissements du pays, notamment dans la capitale Téhéran, sont le théâtre de protestations et d'affrontements entre opposants au régime et groupes pro-gouvernement.
Des slogans anti-gouvernementaux et des références au chah
Les manifestations étudiantes se poursuivent malgré la présence des Bassidji, ces milices paramilitaires déployées pour réprimer les contestations. À l'Université de Téhéran, des étudiants ont scandé "Par le sang des camarades, nous tiendrons jusqu'à la fin", tandis qu'à l'Université des Beaux-Arts, les slogans "Mort au dictateur" et "Khamenei, monstre, nous t'enterrons" ont retenti. Plus symbolique encore, des étudiants de l'Université de technologie Sharif et de celle de Sadjad ont crié "Vive le chah", exprimant ainsi leur soutien à l'ancien dirigeant renversé en 1979.
Le régime tente de contenir la contestation
Face à cette mobilisation, le pouvoir iranien a finalement réagi. La porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a affirmé que les étudiants avaient le droit de manifester, mais qu'ils devaient "comprendre les lignes rouges". Elle a cité les "choses sacrées et le drapeau" comme des limites à ne pas franchir. Pourtant, des images montrent qu'un drapeau iranien a été brûlé lors des protestations à l'Université féminine Al-Zahra, un geste hautement symbolique.
Répression et interdictions
La répression des manifestations de janvier pèse lourdement dans les esprits. Les nouveaux rassemblements coïncident avec des cérémonies traditionnelles organisées 40 jours après les morts causées par les forces de l'ordre. Selon l'agence de presse Mehr, proche du régime, une "poignée d'étudiants" de l'Université Sharif ont été interdits de campus jusqu'à nouvel ordre. La télévision d'État a reconnu des rassemblements anti-gouvernement "limités", minimisant ainsi l'ampleur de la contestation.
Contexte régional et international
Ces manifestations surviennent dans un contexte tendu, où les États-Unis menacent d'une intervention militaire si aucun accord sur le nucléaire n'est trouvé. Le régime des mollahs, déjà fragilisé par ces pressions extérieures, voit resurgir le spectre du chah à travers ces mobilisations étudiantes. Le petit-fils du dernier chah, Reza Pahlavi, est cité par les manifestants, et le drapeau au lion, symbole de la dynastie Pahlavi, a été déployé sur certains campus.



