Le département des Landes est l’un des plus actifs dans le développement des énergies renouvelables (ENR), mais le raccordement des installations n’est pas toujours évident. « Le département compte actuellement plus de 26 000 productions d’énergies renouvelables raccordées au réseau de distribution d’électricité. Cela représente une puissance installée d’1,4 GW. Ce chiffre est 2,5 fois plus important qu’il y a cinq ans », annonce d’emblée Céline Vautrelle, directrice régionale Pyrénées Landes d’Enedis.
Toute cette électricité verte produite passe, à un moment ou à un autre, par un poste source. Ce dernier est un site qui permet notamment de faire passer l’électricité du réseau haute et très haute tension (géré par RTE) au réseau moyenne tension d’Enedis. Le département compte 26 postes sources. En cette mi-avril 2026, trois sont en situation de saturation, « mais la situation est très évolutive, avec de nouveaux postes sources qui peuvent devenir saturés si les énergies renouvelables se développent trop rapidement dans une zone ». À l’inverse, certains postes peuvent sortir d’une situation de saturation si des projets qui ont réservé des capacités ne se font finalement pas. « Pour le moment, la situation la plus compliquée est plutôt dans le nord du département. Chez Enedis, nous comptons une vingtaine de dossiers que nous n’avons pas raccordés », précise Céline Vautrelle.
Des conséquences pour les communes
Cet engorgement à certains endroits n’est pas sans conséquence pour les communes qui ont des projets de production d’électricité verte. Patrick Sabin est vice-président chargé des énergies renouvelables à la Communauté de communes Cœur Haute Lande, ancien maire d’Escource de 2008 à 2024 et désormais premier adjoint du maire, Pierre Lasterra. Grâce à six bâtiments communaux équipés de panneaux photovoltaïques et à son réseau de chaleur, Escource n’utilise plus d’énergie fossile pour éclairer et chauffer ses bâtiments communaux. La commune fait ainsi figure de modèle en matière de transition énergétique et ne compte pas s’arrêter là : « Sur le boulodrome, nous souhaitons ajouter des panneaux photovoltaïques, mais nous sommes limités à 36 kWc », regrette l’élu.
Patrick Sabin avance d’autres projets freinés par la saturation de certains postes sources : « Nous avons un projet sur un Ehpad à Sabres pour plus de 100 kWc. Cette production viendrait couvrir 40 % des besoins de l’Ehpad. À Moustey, nous avons un projet sur une friche industrielle. On ne peut pas le brancher car il n’y a pas de place sur le poste source. »
La file d’attente
L’adjoint au maire d’Escource regrette d’autant plus cette situation qu’il pointe du doigt un autre élément lié à la file d’attente sur les postes sources : « Il y a des projets qui sont inscrits en liste d’attente sans avoir de permis de construire. Les postes sources sont virtuellement bloqués avec des projets qui ne se feront peut-être jamais. De notre côté, on nous annonce des délais à 2030-2032, le temps de construire de nouveaux postes sources. »
Sur ce point, Jérôme Rieu, délégué RTE Sud-Ouest, précise : « Effectivement, pour les plus gros parcs, nous ne demandons pas de permis de construire pour rentrer en file d’attente chez RTE, car nous savons que ces projets sont très longs. Il nous faut de la visibilité concernant l’arrivée de ces installations. Pour autant, nous vérifions que le projet avance et qu’il finisse par obtenir son permis de construire, sans quoi il peut sortir de la file d’attente. » Face au développement des énergies renouvelables, la production en Nouvelle-Aquitaine pourrait atteindre 30 GW à l’horizon 2040.



