Alors que le détroit d’Ormuz reste fermé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, l’Iran et Oman tentent de définir un dispositif permettant une reprise partielle et encadrée du trafic maritime. Mardi, les ministres iranien et omanais des Affaires étrangères ont discuté à Téhéran d’un accord prévoyant notamment l’ouverture d’un couloir temporaire de navigation et une opération conjointe de déminage.
Un corridor temporaire et un déminage conjoint en préparation
Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a indiqué sur X espérer « annoncer bientôt » ce nouveau passage ainsi que « des modalités pratiques afin de rétablir une navigation sûre ». Avec son homologue iranien Abbas Araghchi, il a évoqué un « cadre par étapes » comprenant « la mise en place d’un corridor de navigation temporaire conjoint à travers le détroit d’Ormuz et un accord pour mettre en œuvre un projet conjoint de déminage du détroit ».
Vers un couloir permanent et une gestion partagée
Les discussions doivent ensuite porter sur la création d’un couloir « permanent », sur « la future gestion du détroit » et sur un mécanisme destiné à assurer les services de navigation et de sécurité. L’Iran et Oman souhaitent également associer les autres États riverains des eaux du Golfe aux négociations sur l’avenir de cette voie maritime stratégique, par laquelle transitait avant la guerre environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux.
Oman estime toutefois qu’une « solution permanente » devra s’appuyer sur le protocole d’accord conclu en juin entre l’Iran et les États-Unis. Cet accord a depuis volé en éclat, mais Téhéran continue d’en réclamer l’application, notamment la levée du blocus américain visant ses ports. L’Iran affirme que le détroit restera verrouillé tant que Washington n’aura pas respecté les engagements prévus par ce texte.
Des positions divergentes sur le déminage
Donald Trump a de son côté affirmé mardi sur Truth Social que, selon la marine américaine, « toutes les mines avaient été retirées et/ou détruites dans les eaux internationales du détroit d’Ormuz ». Le président américain a aussi prévenu que « tout navire ou bateau posant de nouvelles mines sera […] détruit ». Il avait auparavant assuré que les États-Unis contrôlaient le détroit, une affirmation rejetée par Téhéran, et menacé Oman de bombardements si le sultanat se mettait « en travers » de la route américaine sur Ormuz.
Le détroit est au centre des tensions depuis les frappes israélo-américaines. Téhéran a riposté en visant plusieurs pays alliés de Washington dans la région et en fermant le passage maritime, tandis que les États-Unis imposaient un blocus aux ports iraniens. L’Iran a également pris pour cible des navires ayant tenté de franchir le détroit sans autorisation, alors que les négociations menées avec Oman cherchent désormais à organiser une reprise progressive de la navigation.



