L'héritage sombre de l'Iran : de Majlessi à Khamenei, un régime de terreur et de répression
Iran : de Majlessi à Khamenei, un régime de terreur

L'héritage sombre de l'Iran : de Majlessi à Khamenei, un régime de terreur et de répression

À la fin du XVIIe siècle, le cheikh-al-Islam Majlessi imposa un diktat islamique au chah Hossein et à la population perse, persécutant quiconque ne se conformait pas à sa loi. Sa disparition en 1699 déclencha une insurrection, menant à l'incendie de sa maison pour effacer toute trace de cette période maudite. Aujourd'hui, après la mort de l'ayatollah Khamenei, les Iraniens se souviennent de Majlessi, mais ils n'oublient pas les quarante-sept années d'abominations associées à Khamenei, élu président dès 1981.

Les origines d'un malentendu historique

Comme souvent dans l'Histoire, tout a débuté par un immense malentendu. En 1979, face au blocage de la société iranienne, toutes les classes, y compris les femmes, furent enthousiastes à l'arrivée de Khomeyni, qui avait tout promis, même une alliance avec la gauche. Yves Bomati, spécialiste de l'Iran, rappelle que trop peu de monde avait lu de près son programme. La première année, la répression s'abattit sur les cadres de l'ancien régime du chah et leurs familles. La violence, identique à celle des derniers mois, incluait des tortures et des exécutions publiques, montrant que la violence est dans l'ADN de ce régime.

La terreur instaurée par Sadeg Khalkhali

Dès le début, émergea un personnage terrifiant : Sadeg Khalkhali, chef des tribunaux révolutionnaires, surnommé « le Boucher ». Ce Fouquier-Tinville iranien forgea la notion de « culpabilité évidente » et exécuta lui-même les accusés. Sa réputation macabre planait sur chaque foyer, rappelant que personne n'était à l'abri. Viscéralement antimonarchique, il fit détruire des sites historiques comme le mausolée de Reza Chah et persécuta les baha'is et les Kurdes. Ses malversations financières, prélude à une dérive mafieuse, le firent écarter fin 1980, mais il avait déjà instauré un régime de peur et de délation.

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La radicalisation et la Constitution islamique

L'affaire des otages de l'ambassade américaine en 1979 radicalisa le régime. Khomeyni instrumentalisa cette crise pour confisquer l'antiaméricanisme et éliminer les forces de gauche. La démission du Premier ministre Mehdi Bazargan sonna le glas des espoirs occidentaux. Fin novembre 1979, une nouvelle Constitution plaça la vie des Iraniens sous le contrôle de la loi islamique, imposant le voile aux femmes et réprimant les protestations. Cette Constitution offrait une démocratie en trompe-l'œil, avec un président et un Parlement, mais les candidats étaient choisis par le Conseil des gardiens, nommés par le guide suprême.

Les persécutions et la guerre Iran-Irak

La rupture avec la gauche marxiste, notamment les Moudjahidine du peuple, mena à des persécutions. En 1988, après une attaque depuis l'Irak, Khomeyni ordonna l'exécution de 8 000 membres, pendus en public. La guerre contre l'Irak, débutée en 1980, sacrifia une partie de la jeunesse iranienne, avec des pertes estimées entre 250 000 et 600 000 morts, plus 100 000 civils. Cette guerre offrit un ciment patriotique, mais son terme en 1989 coïncida avec la nomination de Khamenei comme guide suprême.

L'ascension des gardiens de la révolution

En 1979, naquit le corps des gardiens de la révolution, les pasdarans, une milice de 5 000 hommes créée pour sécuriser le pays. Selon Mohsen Sazegara, l'un de ses fondateurs repentis, c'est un dragon à sept têtes : militaire, répressive, mafieuse, terroriste, financière, liée aux missiles et au nucléaire, et connectée à la mafia russe. Yves Bomati confirme leur transformation en hommes d'affaires contrôlant une large partie des richesses du pays. Leur milice civile, les bassijis, recrute parmi les jeunes des quartiers défavorisés, formant une pieuvre intérieure d'informateurs.

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Le règne de l'ayatollah Khamenei

Khamenei, après huit ans à la présidence, remplaça Khomeyni en 1989. Survivant à une tentative d'assassinat en 1981, il tira les leçons de la chute de l'URSS et s'enferma dans une paranoïa autoritaire. Religieusement dur, il renforça ses pouvoirs, militarisa le régime, et orienta le pays vers l'option nucléaire. Il transforma aussi le Setad, un conglomérat saisissant les biens au nom du guide suprême, avec des revenus estimés à 100-200 milliards de dollars non contrôlés par le Parlement.

Les fissures du régime et les révoltes

Les premiers signes de fissure apparurent en 2009, après la réélection imposée de l'ultraconservateur Ahmadinejad. La « révolution verte » menée par les classes moyennes urbaines fut réprimée, un processus répété en 2022 avec le mouvement « Femmes, vie, liberté » et en janvier 2026. La corruption généralisée et le blocage économique ont exclu les jeunes diplômés du marché du travail, reproduisant les problèmes de la fin du régime du chah. Les pasdarans étendirent leur emprise, utilisant même des mercenaires yéménites pour réprimer les Iraniens.

Conclusion : un héritage d'abomination

Le cynisme, les inégalités croissantes et le dévoiement du projet spirituel ont conduit à la fin d'une civilisation brillante, les jeunes se tournant vers le matérialisme par dégoût du régime. Khamenei et ses sicaires, acculés, en sont venus à fusiller leur peuple sans remords. La scène finale de son exécution par les Israéliens résume l'essence de ce régime : une clique de dignitaires ayant confisqué un pays, convaincue de son impunité jusqu'à la mort.