En Inde, le très select Gymkhana Club, situé à Bombay, se retrouve dans la ligne de mire du Premier ministre Narendra Modi. Ce club, fondé en 1915 sous la domination britannique, est un symbole de l'élite indienne, fréquenté par les plus grandes fortunes du pays. Mais pour Modi, il incarne tout ce qu'il rejette : l'élitisme, le colonialisme et le mépris des castes inférieures.
Un club d'exception
Le Gymkhana Club est l'un des clubs les plus prestigieux d'Inde. Ses membres, triés sur le volet, comptent parmi les personnalités les plus influentes du pays, notamment des industriels, des politiciens et des artistes. Le club dispose de terrains de sport, de piscines, de restaurants et de salles de réception. L'adhésion est extrêmement sélective et les frais d'entrée sont prohibitifs pour le commun des mortels.
Les critiques de Modi
Narendra Modi, issu d'une famille modeste et adepte d'un discours populiste, a fait de la lutte contre les élites un de ses chevaux de bataille. Il accuse régulièrement le Gymkhana Club de perpétuer un système de castes et de privilèges hérité de l'époque coloniale. En 2023, il a déclaré : "Ces clubs sont des vestiges du colonialisme. Ils doivent s'ouvrir à tous les Indiens, sans distinction de caste ou de richesse."
Le Premier ministre a également critiqué le club pour son manque de transparence et ses pratiques discriminatoires. Selon lui, le Gymkhana Club serait un lieu où les élites se réunissent pour préserver leurs intérêts et maintenir leur domination sur la société indienne.
Une procédure judiciaire en cours
Le gouvernement indien a engagé une procédure judiciaire contre le Gymkhana Club, l'accusant de violer les lois sur la discrimination et l'égalité des chances. Le club est notamment poursuivi pour avoir refusé l'adhésion à des personnes de castes inférieures et pour avoir imposé des frais d'entrée excessifs.
Le Gymkhana Club conteste ces accusations et affirme que ses règles d'adhésion sont conformes à la loi. Il argue que le club est une institution privée et qu'il a le droit de choisir ses membres selon ses propres critères.
Un symbole de la lutte des classes
Cette affaire est devenue un symbole de la lutte des classes en Inde. D'un côté, les partisans de Modi voient dans cette action une étape nécessaire pour briser les privilèges des élites et promouvoir une société plus égalitaire. De l'autre, les détracteurs du Premier ministre dénoncent une tentative de diversion et une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
Le Gymkhana Club, de son côté, a tenté de moderniser son image en ouvrant ses portes à des membres de la classe moyenne et en organisant des événements caritatifs. Mais ces efforts n'ont pas suffi à apaiser les critiques du gouvernement.
Quel avenir pour le club ?
L'issue de cette procédure judiciaire est encore incertaine. Si le gouvernement obtient gain de cause, le Gymkhana Club pourrait être contraint de modifier ses règles d'adhésion et de s'ouvrir à tous les Indiens, ce qui changerait radicalement sa nature. Dans le cas contraire, le club pourrait continuer à fonctionner comme avant, mais sous la pression constante du gouvernement.
Quoi qu'il en soit, cette affaire a déjà profondément marqué la société indienne et a relancé le débat sur les inégalités et les privilèges hérités du colonialisme.



