Inde : la colère des jeunes « cafards » contre Modi
Inde : la colère des jeunes « cafards » contre Modi

En Inde, un mouvement de contestation inédit secoue le pays. Des milliers de jeunes, se surnommant eux-mêmes les « cafards », manifestent contre le Premier ministre Narendra Modi. Leur colère est alimentée par le chômage massif et les inégalités croissantes. Selon un rapport du Centre for Monitoring Indian Economy, le taux de chômage des jeunes diplômés atteint 42 % en 2026.

Un surnom provocateur

Le terme « cafard » a été choisi délibérément. « Nous sommes les cafards que le système veut écraser, mais nous survivons et nous nous multiplions », explique Priya Sharma, une étudiante de 22 ans à Delhi. Le mouvement a commencé sur les réseaux sociaux et s'est rapidement propagé dans les rues. Les manifestants portent des masques de cafards et scandent des slogans comme « Modi, le cafard en chef ».

Les causes de la colère

La jeunesse indienne est confrontée à une crise de l'emploi sans précédent. Malgré une croissance économique de 6,5 % en 2025, les bénéfices n'ont pas profité aux jeunes. Le gouvernement Modi a promis 10 millions d'emplois par an, mais selon les statistiques officielles, seuls 3 millions ont été créés en 2025. Les inégalités se creusent : les 10 % les plus riches possèdent 77 % de la richesse nationale, selon Oxfam.

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Une répression sévère

Les autorités ont répondu par une répression musclée. Plus de 5 000 manifestants ont été arrêtés depuis le début du mouvement en juin. La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau. « Le gouvernement traite les jeunes comme des criminels pour avoir exprimé leur frustration », dénonce l'avocat des droits de l'homme Rajiv Gupta. Des organisations internationales comme Amnesty International ont condamné ces actions.

Un impact politique

Le mouvement des « cafards » a des répercussions politiques. Le parti du Congrès a appelé à une grève nationale le 15 août. Des élections régionales sont prévues dans cinq États en 2027, et le BJP de Modi pourrait perdre du terrain. Selon un sondage de l'Indian Institute of Public Opinion, 68 % des 18-25 ans estiment que le gouvernement ne répond pas à leurs préoccupations.

Une jeunesse déterminée

Malgré la répression, les jeunes restent déterminés. « Nous n'avons rien à perdre. Notre avenir est déjà compromis », déclare Amit Kumar, un ingénieur au chômage de Bangalore. Le mouvement s'organise via des applications cryptées pour éviter la surveillance. Des manifestations ont eu lieu dans plus de 50 villes, de Mumbai à Calcutta.

Quel avenir ?

Le gouvernement Modi tente de calmer la colère en annonçant des mesures, comme des subventions à l'emploi et des formations professionnelles. Mais pour beaucoup, c'est trop peu, trop tard. « Les promesses vides ne suffisent plus. Nous voulons des actions concrètes », insiste Priya Sharma. Le mouvement des « cafards » pourrait bien redéfinir le paysage politique indien.

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