Le député européen et figure de l'opposition hongroise Peter Magyar a annoncé, lundi 7 juillet, le lancement d'une procédure controversée visant à destituer le président de la République, Katalin Novák. Cette initiative, qui repose sur des accusations de violation de la Constitution, a immédiatement suscité des réactions vives au sein de la majorité comme de l'opposition.
Les motifs de la procédure
Selon Peter Magyar, la présidente aurait outrepassé ses prérogatives en graciant un ancien dirigeant d'un orphelinat condamné pour pédocriminalité. Cette grâce présidentielle, accordée en avril 2023, avait déjà provoqué un scandale national et conduit à des manifestations. Magyar estime que cet acte constitue une violation de la Constitution, justifiant une destitution. Il a déposé une requête en ce sens auprès de la Cour constitutionnelle, qui devra se prononcer sur la recevabilité de la procédure.
Une procédure contestée
La procédure de destitution en Hongrie est complexe et rarement utilisée. Elle nécessite une majorité des deux tiers au Parlement, ce qui semble difficile à obtenir pour l'opposition, fragmentée et minoritaire. Le parti Fidesz, au pouvoir, a qualifié cette initiative de « coup de force politique » et a annoncé qu'il s'opposerait fermement à toute tentative de destitution. La présidente Novák, issue du Fidesz, a dénoncé une « manœuvre électoraliste » de la part de Magyar, qui brigue la mairie de Budapest.
Les réactions politiques
Au sein de l'opposition, les réactions sont partagées. Certains partis, comme le Mouvement Momentum, soutiennent la démarche de Magyar, tandis que d'autres, comme le Parti socialiste hongrois, jugent la procédure prématurée et risquée. « Nous devons concentrer nos efforts sur les élections municipales, pas sur des batailles juridiques incertaines », a déclaré un porte-parole socialiste. De son côté, le gouvernement a dénoncé une tentative de déstabilisation des institutions.
Un contexte politique tendu
Cette annonce intervient dans un climat politique déjà très tendu en Hongrie, à quelques mois des élections municipales. Peter Magyar, ancien proche du pouvoir devenu opposant virulent, tente de capitaliser sur le scandale de la grâce présidentielle pour renforcer sa position. Selon un sondage récent, 62 % des Hongrois estiment que la présidente devrait démissionner, mais une majorité reste opposée à une procédure de destitution, jugée trop clivante.
Les prochaines étapes
La Cour constitutionnelle dispose de 60 jours pour examiner la requête de Peter Magyar. Si elle la juge recevable, le Parlement sera saisi et devra voter sur la destitution. En cas d'échec, Magyar a promis de poursuivre son combat par d'autres moyens, notamment en multipliant les actions en justice contre la présidente. La suite des événements dépendra largement de la capacité de l'opposition à s'unir sur cette question.



