Guinée-Bissau : référendum pour un régime présidentiel fort
Guinée-Bissau : référendum pour un régime présidentiel fort

Les électeurs de Guinée-Bissau se rendent aux urnes ce lundi pour un référendum constitutionnel qui pourrait transformer le système politique du pays. Le scrutin, qui doit se dérouler de 7 heures à 17 heures locales, propose de remplacer le régime semi-présidentiel actuel par un régime présidentiel fort.

Un scrutin sous haute surveillance

Selon la commission électorale, plus de 1,1 million d'électeurs sont appelés aux urnes pour ce référendum. Les autorités ont déployé des mesures de sécurité renforcées pour assurer le bon déroulement du vote dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, qui a connu plusieurs coups d'État depuis son indépendance en 1974.

Le président Umaro Sissoco Embalo, qui a promu cette réforme, estime que le régime semi-présidentiel actuel est source d'instabilité politique. Il souhaite un système où le chef de l'État disposerait de pouvoirs élargis, notamment la possibilité de nommer et révoquer le Premier ministre et le gouvernement sans l'accord du Parlement.

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Une réforme contestée par l'opposition

L'opposition dénonce une dérive autoritaire et craint une concentration des pouvoirs. Les partis d'opposition appellent à boycotter le scrutin, estimant que ce référendum est une manœuvre pour renforcer la mainmise du président Embalo sur les institutions.

Le projet de nouvelle Constitution prévoit également la suppression du poste de Premier ministre, remplacé par un vice-président nommé par le président. Selon les partisans de la réforme, cette mesure vise à clarifier la chaîne de commandement et à éviter les conflits entre le chef de l'État et le chef du gouvernement, une source de tensions récurrentes dans le pays.

Un contexte politique fragile

Ce référendum intervient dans un climat politique tendu. Le pays a connu une tentative de coup d'État en février 2022, que le gouvernement affirme avoir déjouée. L'opposition, quant à elle, accuse le président de vouloir s'accrocher au pouvoir.

Les résultats provisoires sont attendus sous 72 heures, selon la commission électorale. En cas de victoire du « oui », la nouvelle Constitution sera promulguée, marquant un tournant majeur dans l'histoire politique de la Guinée-Bissau.

Les observateurs internationaux, notamment de la CEDEAO et de l'Union africaine, suivent le scrutin de près. Leur présence vise à garantir la transparence du processus, dans un pays où les contestations électorales ont souvent dégénéré en violences.

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