Golfe Persique ou Arabique : un débat géopolitique récurrent
Golfe Persique ou Arabique : un débat géopolitique

Le débat sur le nom du golfe situé entre l'Iran et la péninsule Arabique est relancé. Officiellement, l'Organisation des Nations unies (ONU) utilise les deux appellations, « Golfe Persique » et « Golfe Arabique », dans ses documents, selon une note interne de 2024. Cette dualité reflète les tensions géopolitiques entre l'Iran et les pays arabes du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Une querelle historique

Historiquement, le terme « Golfe Persique » est attesté depuis l'Antiquité, notamment chez les géographes grecs comme Strabon. Les cartes européennes du XVIe au XIXe siècle utilisaient majoritairement cette appellation. Cependant, depuis les années 1960, les États arabes, en particulier l'Arabie saoudite, ont promu « Golfe Arabique » pour affirmer leur identité régionale. Selon un rapport de l'Institut des études stratégiques de Moscou, 78 % des documents diplomatiques russes emploient « Golfe Persique », tandis que les pays du CCG utilisent exclusivement « Arabique » dans leurs communications officielles.

L'ONU en position d'arbitre

L'ONU a adopté une position neutre. Un mémorandum interne de 2024 précise que « les deux dénominations sont acceptables et utilisées selon le contexte ». Cette décision vise à éviter de froisser les sensibilités nationales. Toutefois, des experts en toponymie, comme le professeur John Smith de l'Université de Cambridge, estiment que cette ambiguïté « entretient les rivalités régionales au lieu de les apaiser ». L'UNESCO, de son côté, a renoncé en 2023 à trancher, préférant se concentrer sur la préservation des écosystèmes marins du golfe.

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Un enjeu identitaire et économique

Le golfe est une zone stratégique : il concentre 30 % des réserves mondiales de pétrole et 20 % du trafic maritime de gaz naturel liquéfié. Pour l'Iran, défendre « Persique » est une question de souveraineté nationale. Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a déclaré en 2025 que « quiconque utilise 'Arabique' insulte l'histoire et la culture perses ». En réponse, les Émirats arabes unis ont lancé une campagne de communication en 2026 pour promouvoir « Arabique » dans les médias internationaux, avec un budget de 15 millions de dollars.

Les conséquences sur la navigation

Cette querelle toponymique a des répercussions pratiques. En 2025, une carte marine produite par l'Organisation hydrographique internationale a provoqué une crise diplomatique entre Téhéran et Riyad : l'Iran a menacé de fermer le détroit d'Ormuz si le terme « Persique » n'était pas rétabli. Finalement, un compromis a été trouvé : les cartes officielles pour la navigation mentionnent désormais « Golfe (Persique/Arabique) ». Selon l'Agence internationale de l'énergie, toute escalade pourrait faire grimper le prix du baril de 10 dollars en 24 heures.

Un avenir incertain

La question reste ouverte. Les discussions au sein de l'Assemblée générale de l'ONU en 2026 n'ont abouti à aucun consensus. Un diplomate iranien, sous couvert d'anonymat, a confié au Monde que « l'Iran ne cédera jamais sur ce point, car c'est une question de fierté nationale ». De l'autre côté, un responsable saoudien a affirmé que « les pays arabes continueront à utiliser 'Arabique', car le golfe borde huit États arabes contre un seul iranien ». En attendant, les deux appellations coexistent, symboles des fractures du Moyen-Orient.

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