La sécurité civile française a présenté ce lundi sa nouvelle flotte d'hélicoptères bombardiers d'eau, destinée à renforcer la lutte contre les feux de forêt. Cette initiative, baptisée « Hélécopteur », vise à doter le pays de 35 appareils d'ici 2030, avec un budget total de 1,2 milliard d'euros. Les premiers hélicoptères, des H225M, sont déjà opérationnels sur la base de Nîmes-Garons.
Un complément aux moyens aériens existants
Ces hélicoptères ne remplacent pas les avions bombardiers d'eau comme les Canadairs ou les Dash, mais viennent en complément. Ils sont particulièrement efficaces pour des feux naissants ou en zone difficile d'accès, où les avions ne peuvent pas intervenir. Selon le général Jean-Luc Beaufils, commandant de la sécurité civile, « ils permettent d'attaquer rapidement les feux en phase initiale, avant qu'ils ne prennent de l'ampleur ».
Chaque hélicoptère peut transporter jusqu'à 4 000 litres d'eau et effectuer des rotations rapides grâce à une capacité de remplissage en moins de 30 secondes via un système de pompage en rivière ou en lac. Leur vitesse de croisière de 250 km/h leur permet d'atteindre des zones reculées en un temps record.
Un déploiement progressif sur le territoire
La flotte sera répartie sur plusieurs bases en France, notamment dans le Sud-Est, le Sud-Ouest et la Corse, régions les plus exposées aux incendies. D'ici 2027, 15 appareils seront en service, puis 20 supplémentaires d'ici 2030. Le financement est assuré par le ministère de l'Intérieur et des fonds européens.
Cette décision fait suite à la saison 2025, qui a vu brûler 80 000 hectares de forêt en France, un record historique. Le changement climatique accroît la fréquence et l'intensité des feux, rendant nécessaire une adaptation des moyens de lutte.
Un impact attendu sur la rapidité d'intervention
Les hélicoptères peuvent être déployés en moins de 20 minutes après l'alerte, contre 45 minutes pour un avion. Leur capacité à opérer de nuit, grâce à des caméras infrarouges, constitue un atout supplémentaire. « Nous pourrons ainsi maintenir une pression constante sur les feux, même la nuit, ce qui est crucial pour éviter les reprises », explique le colonel Stéphane Durand, chef du service aérien de la sécurité civile.
Les pompiers, qui accueillent favorablement ce renfort, soulignent que ces hélicoptères faciliteront également le transport de personnels et de matériel en zone montagneuse. La formation des équipages est en cours, avec 50 pilotes déjà qualifiés.
Un enjeu environnemental et budgétaire
Le coût d'un hélicoptère H225M est d'environ 35 millions d'euros, auxquels s'ajoutent 10 millions pour les équipements de lutte incendie. L'entretien annuel est estimé à 2 millions par appareil. Toutefois, le ministère de l'Intérieur estime que cet investissement est rentabilisé par la réduction des surfaces brûlées et des dégâts économiques, qui s'élèvent à plusieurs centaines de millions d'euros par an.
Des critiques émergent sur l'impact environnemental des hélicoptères, notamment leur consommation de kérosène. La sécurité civile rétorque que l'empreinte carbone est limitée car les appareils ne volent que lors des interventions, et que des études sont en cours pour utiliser des biocarburants.



