Malgré l'accord annoncé lundi entre l'Iran et les États-Unis, les intimidations d'Israël se poursuivent au pays du Cèdre. L'État hébreu a frappé le sud du Liban à plusieurs reprises ce mercredi 17 juin au matin, selon l'agence nationale d'information libanaise (Ani). L'accord inclut pourtant la fin « immédiate » du conflit, déclenché au Moyen-Orient le 28 février, et notamment au Liban, où les frappes israéliennes ont fait plusieurs milliers de victimes. La signature de cet accord en 14 points, dont l'agence américaine Bloomberg a eu accès, est prévue vendredi en Suisse. Le texte n'a cependant pas été rendu public. Voici ce que l'on sait.
Quatre morts dans le sud du Liban
Des frappes aériennes israéliennes ont ciblé mercredi le sud du Liban, notamment la région de Nabatiyé. L'offensive d'Israël contre le Hezbollah pro-iranien a diminué en intensité après l'annonce lundi de l'accord, mais a tout de même tué cinq personnes depuis. L'armée libanaise a conseillé aux habitants du sud qui avaient commencé à rentrer chez eux d'attendre un peu. L'armée iranienne a menacé d'une « réponse sévère » si Israël ne cessait pas « ses agressions ».
Le chef du Hezbollah Naïm Qassem doit parler à la télévision de son mouvement mercredi à 18H00 heure de Beyrouth (15H00 GMT). La veille, il a exprimé sa « profonde reconnaissance » à l'Iran pour avoir poussé à ce que l'accord inclut la fin des hostilités au Liban, comme l'ont précisé Téhéran, Washington et le médiateur pakistanais.
Des frappes malgré l'accord
L'Iran a répété plusieurs fois depuis l'annonce d'un accord avec les États-Unis lundi qu'il devait inclure une cessation des hostilités au Liban, où Israël dit viser le Hezbollah allié de Téhéran. Le protocole visant à mettre fin à la guerre qui a fait des milliers de morts et de blessés au Moyen-Orient, principalement en Iran et au Liban, doit être formellement signé en Suisse vendredi.
Une signature du protocole prévue vendredi
Après des semaines durant lesquelles Donald Trump a entretenu l'illusion d'un accord imminent, un plan a été arrêté par Washington et Téhéran, avant une signature prévue vendredi en Suisse. L'agence Bloomberg a dévoilé ce mercredi matin 14 points qui constitueraient le protocole d'accord.
Parmi ces mesures, celle notamment de « la fin immédiate et permanente de la guerre », et ce même au Liban, ainsi que l'élaboration d'un plan global pour financer la reconstruction et le développement économique de l'Iran à hauteur d'au moins 300 milliards de dollars. La situation du détroit d'Ormuz devrait elle aussi être au cœur de l'accord. Le blocus naval, instauré par les États-Unis, devra être levé, selon cet accord. La République islamique d'Iran, elle, devra garantir la circulation immédiate des navires marchands afin de permettre, dans un délai maximal de 30 jours, de rétablir le trafic maritime à son niveau normal d'avant-guerre.
La cérémonie de signature se déroulera dans un hôtel de luxe du Bürgenstock, une montagne surplombant le lac de Lucerne (centre), a indiqué à l'AFP le ministère suisse des Affaires étrangères. Y participeront le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf et le vice-président américain JD Vance, et d'après ce dernier, possiblement Donald Trump. Le président américain se trouve ce moment au G7 de l'autre côté de la frontière, à Évian en France. Les trois hommes ont déjà signé électroniquement le document, « très général », d'environ « une page et demie » selon JD Vance. Après la signature - et normalement la publication du fameux protocole d'accord - les deux camps devraient se retrouver directement à la table des négociations pour rentrer dans le détail, et aborder les questions les plus délicates comme le nucléaire iranien ou la levée des sanctions américaines asphyxiant l'économie iranienne. Ils se sont donné deux mois pour parvenir à un accord final.



