L'armée américaine a confirmé le décès d'un homme lors d'une opération contre le narcotrafic dans l'est du Pacifique, une campagne vivement critiquée pour son bilan humain et son manque de transparence. Un homme a été tué dans une frappe américaine et deux survivants ont été laissés en mer dans l'est du Pacifique, a annoncé mardi l'armée des États-Unis, dans une campagne contestée contre le narcotrafic qui a fait au moins 193 morts.
Déroulement de l'opération
« Un homme narcoterroriste a été tué au cours de cette action et il y a deux survivants », a écrit le Commandement Sud des États-Unis (SOUTHCOM) sur le réseau social X, ajoutant avoir « immédiatement informé les garde-côtes américains pour activer le système de recherche et de sauvetage pour les survivants ». Washington mène depuis septembre une campagne nommée Southern Spear (« Lance du Sud ») contre le narcotrafic, dont le bilan s'élève désormais à au moins 193 morts.
Critiques et manque de preuves
L'administration Trump n'a pas fourni la moindre preuve que les navires visés participaient effectivement au trafic de drogue. Des experts, des ONG de défense des droits de l'Homme et des responsables de l'ONU dénoncent depuis des mois des exécutions extrajudiciaires et des frappes contraires aux lois internationales.
Détails de l'action
Dans sa publication de mardi, l'armée américaine affirme que l'embarcation touchée était « dirigée par des organisations désignées comme terroristes » et « se déplaçait le long de routes de narcotrafic connues dans l'est du Pacifique ». Une vidéo de faible qualité en noir et blanc accompagnant le message montre les passagers du bateau masqués par un carré avant la frappe, puis une grosse explosion, et enfin des débris fumants dans l'eau. Aucun survivant n'est visible sur les images.
Enquête interne en cours
Sollicités, les garde-côtes américains n'ont pas répondu à ce stade. Selon plusieurs médias américains, un organe de surveillance interne au Pentagone va enquêter sur la légalité des frappes dans le Pacifique et les Caraïbes contre des navires présentés comme impliqués dans le trafic de drogue. Il entend notamment vérifier que « les cycles de ciblage interarmées en six phases » sont bien respectés. Selon une source américaine citée par la chaîne NBC, ces cycles vont de la désignation d'une cible jusqu'à l'évaluation de la frappe, en passant par l'analyse du renseignement et la prise de décision finale.



