Au sommet d'Evian, tout a tourné autour du président américain Donald Trump, qui doit achever sa tournée en France ce mercredi soir par un dîner d'honneur au château de Versailles. L'ancienne ministre Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France, dénonce cette inversion des priorités.
Un sommet sous le signe des concessions
Sommet décalé pour ne pas empiéter sur les festivités du 80e anniversaire de Donald Trump, autocensure sur les enjeux climatiques et progressistes, désinvitation du président sud-africain Cyril Ramaphosa avec qui Washington est en froid… L'organisation française du G7 a multiplié les concessions à la Maison-Blanche pour pouvoir se prévaloir de la participation du dirigeant américain. Ce dernier doit dîner ce mercredi 17 juin à l'issue des débats au château de Versailles avec Emmanuel Macron dans un décor fastueux comme il en raffole.
À Evian-les-Bains, la ville thermale de Haute-Savoie où se tenait la rencontre entre les chefs d'État et de gouvernement entre lundi et mercredi, Le Nouvel Obs a rencontré la directrice générale de l'ONG Oxfam France, l'ancienne ministre Cécile Duflot.
Un déclin de l'influence du sommet ?
Après le G8 de 2003, c'est la deuxième fois qu'Evian-les-Bains accueille ce grand événement des « économies avancées ». Interrogée sur un possible déclin de l'influence du sommet et de la mobilisation qui l'entoure, Cécile Duflot répond : « L'écart entre le G8 de 2003 et le G7 d'aujourd'hui est spectaculaire. »
Selon elle, les six autres pays du G7 utilisent Trump comme prétexte à l'inaction. « Ils se cachent derrière le refus américain pour ne pas avancer sur le climat, la fiscalité ou les inégalités. C'est une faute politique majeure », ajoute-t-elle.
L'ancienne ministre déplore également que les questions de solidarité internationale aient été reléguées au second plan. « On parle de la forme, du dîner à Versailles, mais le fond est absent. Les peuples attendent des actes, pas des shows », conclut-elle.



