Drone explosif à Leipzig : un hub clé pour l'OTAN visé
Drone explosif à Leipzig : un hub clé pour l'OTAN visé

Un drone chargé d'explosifs a été découvert et neutralisé dans la nuit de mardi à mercredi à l'aéroport de Leipzig, en Allemagne, selon le journal Bild. L'engin stationnait à proximité d'un avion-cargo ukrainien. Cet incident s'ajoute à une série d'événements suspects visant cet aéroport, qui est devenu un maillon essentiel de la logistique militaire de l'OTAN vers l'Ukraine.

Des incidents répétés à Leipzig

En juillet 2024, un colis avait pris feu dans le centre de tri DHL avant son transport par avion. Les renseignements allemands avaient alors directement accusé la Russie. Plus récemment, une ressortissante chinoise a été condamnée pour espionnage, ayant fourni des informations sur des vols et des cargaisons, notamment en lien avec une entreprise allemande d'armement.

Ces événements ne sont pas isolés. L'aéroport de Leipzig, ville de 560 000 habitants située à environ 2 000 kilomètres du front russo-ukrainien, est décrit par Samantha de Bendern, chercheuse spécialiste de la Russie et de l'Ukraine à Chatham House, comme « un important centre de logistique et de transport de matériel militaire de l'OTAN vers l'Ukraine ». Peu après l'invasion russe, la compagnie ukrainienne Antonov Airlines a d'ailleurs relocalisé sa base sur cet aéroport.

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Une stratégie de déstabilisation

Pour la chercheuse, « logiquement, la Russie poursuit sa stratégie de perturbation de la logistique et du soutien militaire de l'OTAN à l'Ukraine. Et cela semble s'inscrire dans une montée en puissance d'opérations de déstabilisation de pays de l'OTAN, qu'on peut observer depuis un an et demi ». Elle rappelle les signalements de drones survolant des sites militaires de pays membres, comme en Marne en septembre ou à Creil en novembre, ainsi que des aéroports civils, comme à Eindhoven aux Pays-Bas en novembre.

Cependant, « il n'y a jamais d'attribution claire à la Russie, ce qui rend la réaction très compliquée », souligne Samantha de Bendern. Selon elle, la Russie poursuit deux autres objectifs : « D'abord montrer aux pays de l'OTAN de quoi ils sont capables, qu'ils sont prêts, qu'ils sont déjà là. Et dans le même temps faire peur aux populations occidentales pour saper le soutien à l'Ukraine. »

Un hub logistique stratégique

Le programme de soutien à l'Ukraine (NATSU) a son QG à Wiesbaden, à environ 400 kilomètres à l'ouest de Leipzig. Il dispose de trois plateformes logistiques sur son flanc est : l'aéroport de Leipzig, celui de Rzeszów-Jasionka en Pologne, et un site secondaire à Câmpia Turzii en Roumanie. Leipzig est le plus en profondeur, le plus à l'ouest, ce qui en fait une cible de choix.

La présence d'explosifs dans le drone neutralisé suggère « un travail de professionnel », selon la chercheuse. La Russie a déjà été soupçonnée d'ingérence, de sabotage et de manœuvres de déstabilisation via de nombreux canaux, notamment par le recrutement d'agents jetables « souvent via les réseaux sociaux et qui peuvent ne même pas avoir conscience de travailler pour la Russie ».

« C'est une guerre nouvelle génération, une guerre de l'ombre, qui ne s'arrête pas aux drones, sans que la Russie ne soit jamais formellement impliquée », conclut Samantha de Bendern, décrivant une sorte de paix glaciale.

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